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Catalogne. Le discours offensif du candidat Quim Torra déstabilise Rajoy

Il n’a pas été élu président hier, faute de majorité absolue. Repêchage ce lundi.

Quim Torra, l’ombre de Carles Puigdemont ? Que nenni ! Ce sont des jumeaux qui ont tété le même lait… Curieusement, ils sont d’ailleurs nés pratiquement en même temps, à un jour près, dans la province de Gérone, la région la plus indépendantiste de Catalogne.

A Madrid, on attendait de lui qu’il fasse profil bas lors de la première séance d’investiture d’hier, à l’instar du candidat précédent, Jordi Turull, le 22 mars dernier, incarcéré le lendemain par le juge Llarena. Mais le candidat libre de poursuites judiciaires a préféré sortir l’artillerie lourde. Alors que le chef du gouvernement espagnol avait offert au futur président de la Generalitat de se prêter au dialogue, le ton a radicalement changé, hier en début d’après-midi, du côté de Madrid : un communiqué officiel de l’exécutif central a pris sévèrement acte d’un discours qualifié de « sectaire », « autocrate », voué à « approfondir la fracture sociale » en Catalogne.

Et Madrid d’accuser le candidat de « ne faire preuve d’aucun intérêt pour susciter un dialogue, ni au sein du parlement, ni de la société, ni de personne, qui ne soit conforme à ses propres vues ». Le gouvernement espagnol a terminé son communiqué par ces mots : « Les partis indépendantistes savent qu’il n’existe aucune possibilité d’arriver à leurs fins sécessionnistes ».

Et par cette menace : les actes de l’exécutif émanant de l’éventuelle investiture du candidat seront observés de « très près ».

Un discours qui cherche « la confrontation »

Le long discours de Quim Torra est l’œuvre d’un lettré mais aussi d’un militant qui n’a pas renoncé à se battre pour la cause sécessionniste catalane. Hier, il a annoncé une présidence « provisoire » dont l’objectif sera de « rétablir la démocratie institutionnelle et les lois de la législature précédente annulées », de « poursuivre une politique de progrès et de cohésion sociale, de prospérité économique et d’internationalisation du conflit catalan », mais aussi de « constituer un front commun contre la répression ».

Un programme tourné vers « la confrontation », ont jugé les chefs de files des trois partis « loyalistes » de l’opposition parlementaire (Ciutadans, PSC et PP).

« Majesté, il y a des prisonniers politiques »

Se disant investi par le mandat du référendum du 1er octobre dernier, le candidat Quim Torra a interpellé les bases populaires indépendantistes : « Une chance unique qui se présente rarement au cours de l’histoire d’un pays, s’offre à nous : attrapons-la au vol ! Bâtissons depuis la base et sur un processus participatif, le projet de République catalane ! ».

Le candidat veut prendre les rênes d’une étape « provisoire et exceptionnelle ». Mais, en tant que leader s’affirmant « responsable » d’un futur gouvernement catalan, il a lancé un appel au « dialogue ». En premier lieu, il s’est adressé hier au roi Felipe VI : « Majesté, il y a des prisonniers politiques, des exilés, des centaines de Catalans qui font l’objet d’enquêtes pour avoir défendu un projet démocratique ! » Et de rappeler qu’en 1999, quand il n’était que le prince Felipe, il avait proclamé devant les élus du parlement de Catalogne : « La Catalogne sera ce que les Catalans voudront qu’elle soit ». Puis, à l’adresse du chef du gouvernement espagnol, il a familièrement lancé : « Hablamos Sr Rajoy ? » (Nous parlons, M. Rajoy ?).

Joana Viusà (L’Indépendant, le 13 mai 2018)

Tours de paroles de l’opposition

Les tours de paroles de l’opposition ont commencé hier en milieu d’après-midi, par l’intervention de la leader de l’opposition Inés Arrimadas (Ciutadans). Elle a rappelé les commentaires hostiles aux « Catalans de langue espagnole », proférés par le candidat Quim Torra dans le passé sur les réseaux sociaux, mais aussi son positionnement radical exprimé dans nombre de ses ouvrages. De son côté Miquel Iceta (Parti socialiste catalan) a dénoncé l’idée d’une présidence « temporaire et par procuration » (d’une autorité installée à l’étranger).

L’Indépendant, le 13 mai 2018

Investiture. Second round demain

66 votes pour, 65 contre, et 4 abstentions (celles des députés de la CUP, le parti indépendantiste de gauche radicale). A l’issue du vote du parlement hier à 19h, sans surprise, Quim Torra n’a pas obtenu la majorité absolue qui lui était nécessaire, pour être élu dès cette première séance d’investiture. Il y aura donc un second tour demain à 10h30. Cette fois, Quim Torra peut être élu à la majorité simple, à condition que la CUP maintienne son abstention et ne vote pas non, si elle ne le juge pas assez radical… Dans ce cas, il faudra tenter une nouvelle investiture avant la date butoir pour la convocation de nouvelles élections, le 22 mai. Calendrier. Si Quim Torra est élu ce lundi, le calendrier est le suivant : le 15 mai, le roi signe le décret d’investiture ; le 16, il est publié au Journal Officiel de la Generalitat ; le 17, constitution du nouveau gouvernement catalan.

L’Indépendant, le 13 mai 2018

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