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Communauté urbaine. Agenda 21 : la gratuité des bus préconisée

Après trois ans de travaux, les scientifiques, acteurs économiques, collectifs de citoyens et spécialistes de l’environnement ont rendu leur verdict. Le Conseil de Développement Durable (C2D) de la communauté urbaine de Perpignan, mis en place en 2010, a remis hier aux maires et aux élus leurs 61 préconisations concrètes dans le cadre du projet de territoire et de l’Agenda 21. Comme en 2011 et 2013, ces sages ont avancé certaines pistes pleines de bon sens même si depuis sa mise en place, seulement « 40% des préconisations ont été partiellement ou totalement prises en compte par la communauté urbaine » selon Henri Got, président du C2D.

Abandon des voitures

Première préconisation : la gratuité des bus de la communauté urbaine empruntée chaque année par environ 10 millions de personnes. Une démarche volontaire pour « l’abandon du tout voiture, première cause de pollution atmosphérique, de dégradations du cadre de vie et du bien-être en ville. On n’invente rien. Les expériences dans ce domaine ont montré que cette gratuité entraînait une multiplication par deux ou par trois du nombre d’utilisateurs des transports en commun. Le coût ne serait pas énorme, en tout cas minime, si on le met en rapport aux gains notamment pour la santé ». Une mesure qui ne semble pas recueillir l’unanimité des élus même si Henri Got imagine une variante possible. « L’alternative serait une exonération pour toute personne laissant sa voiture dans un parking relais avec un dispositif à l’entrée d’une borne distribuant un ticket de gratuité pour accéder au réseau des bus ».

Piétonnisation accrue

Par ailleurs, le C2D préconise l’abandon des bus hybrides possédant un moteur diesel pour une motorisation au bio-gaz valorisant à la fois les déchets, coûtant moins cher et donnant droit à des subventions de l’État.

Autre proposition : la piétonnisation de tout le centre ancien de Perpignan notamment autour du nouveau campus Mailly. Si la ville a depuis quatre ans rendu aux piétons l’après-midi plusieurs artères urbaines, le C2D veut aller plus loin. « Piétonniser, ce n’est pas éliminer la voiture du centre ancien mais seulement écarter le trafic inutile tout en dynamisant le commerce puis en mettant en valeur le patrimoine et les cheminements piétons ». Cela pourrait s’accompagner de la limitation à 30 km/h « de toute la zone urbaine pour permettre la généralisation des doubles sens cyclables et d’apaiser la circulation en rendant plus humain le partage de l’espace public entre les automobilistes et les autres usagers ».

Stationnement prohibitif

Enfin et a contrario de la grogne des automobilistes envers le nouveau dispositif de stationnement à Perpignan, le Conseil de Développement Durable propose une suppression des trois zones (jaune, orange et rouge) de parkings de surface pour en faire une seule tout en supprimant le principe forfaitaire du dépassement. « Le stationnement deviendrait payant, 1 € par 20 minutes, dans toute la zone urbaine » avec cette logique environnementale et sanitaire d’empêcher au maximum les voitures de pénétrer dans le centre-ville.

Julien Marion (L’Indépendant, le 15 mai 2018)

Daniel Mach : « Je ne serai pas le vice-président de la gratuité »

« Je ne serai pas le vice-président de la gratuité ». En charge des transports à la communauté urbaine, le maire LR de Pollestres Daniel Mach est hostile à la gratuité. « Car cela n’existe pas puisqu’il y a toujours quelqu’un qui paie au final. Aujourd’hui cela coûterait 10 millions d’euros par an mais il faut ajouter les coûts qu’entraîneraient la hausse de la fréquentation en termes d’investissement sur les bus et le personnel. À l’heure où nous avons équilibré en 2018 le budget transport après plusieurs années de déficit structurel, cette mesure devrait être financée par l’impôt et je refuse que tous les contribuables paient pour ceux qui utilisent le bus. Nous avons un projet que nous présenterons bientôt pour dynamiser notre réseau de transports en commun. Cela passe par plus de sécurité, par plus de bus dans les heures pleines et moins sur les heures creuses ».

L’Indépendant, le 15 mai 2018

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