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SNCF. Les syndicats gagnent le pari de la remobilisation

Les cheminots sont invités à voter pour ou contre le projet de réforme.

Avec 27,58% de grévistes hier à la SNCF, les syndicats ont réussi à muscler la mobilisation contre la réforme ferroviaire, tandis qu’avec leur consultation « vot’action », les cheminots pouvaient voter « pour » ou « contre » le projet d’un gouvernement inflexible.

La participation à cette « journée sans cheminots, sans trains » se rapproche des taux de grévistes enregistrés lors du premier épisode du mouvement, les 3 et 4 avril (33,9% et 29,7%). Un net sursaut après avoir chuté mercredi dernier à 14,46%, le plus bas taux de grévistes en semaine depuis le début de la grève.

En ce 18e jour de grève depuis début avril -soit la moitié du calendrier annoncé pour la grève par épisode-, le trafic est « très perturbé » avec, en moyenne, un TGV, TER ou Transilien sur trois et un train Intercités sur cinq, selon la direction.

95% contre

À la grève se sont ajoutées en Normandie et à Marseille des ruptures de caténaires bloquant le trafic, la direction évoquant des « actes de malveillance ».

Les syndicats CGT, Unsa, SUD et CFDT ont lancé leur « vot’action », ouverte jusqu’au 21 mai, quelques jours avant l’examen de la réforme au Sénat. Cette consultation n’a « aucune légitimité », a dénoncé le patron de la SNCF, Guillaume Pepy. Les 147.000 salariés de la SNCF sont invités à voter « pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement » qui reste inflexible sur trois points : l’ouverture à la concurrence, la fin de l’embauche au statut et la transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux publics.

Le vote se fait dans des urnes. Sur des listes d’émargement doivent figurer les nom, prénom et numéro de matricule des votants. Ces listes seront détruites après comptage des voix pour que la direction ne puisse connaître les participants.

Cette « vot’action » a été lancée dès la semaine dernière à Nice, « avec des urnes, un émargement et un dépouillement en présence des médias », a précisé Najil Abdelkader (CGT Cheminots). Le résultat est net : 422 voix contre la réforme, soit 95 % des votants, et 22 voix pour (5%). Près des deux tiers (63%) du personnel rattaché à la gare de Nice ont participé.

« Incessibilité »

Hier à la gare de Lyon à Paris, moins de 200 grévistes, réunis en assemblée générale à la mi-journée, étaient appelés à participer au vote, avant de déambuler dans la gare aux cris de « Pepy démission », avec drapeaux et chasubles de la CGT Cheminots, SUD-Rail et de l’Unsa ferroviaire.

A la gare Part-Dieu, à Lyon, un « gilet rouge » mettait lui en cause la « fiabilité » de la « vot’action ». « Si je vote, ce n’est pas pour que mon vote soit manipulé par des organisations syndicales », disait ce non-gréviste.

Après que SUD-Rail a accusé dimanche le gouvernement et M. Pepy, d’« œuvrer en coulisse pour privatiser et filialiser » la SNCF, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a réclamé hier que l’« incessibilité » du groupe public ferroviaire soit inscrite dans la loi, afin d’éviter une « vente à la découpe ».

L’Indépendant, le 15 mai 2018

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