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Gouvernement catalan. Quim Torra ouvre les hostilités

Contre toute attente, le président de la Generalitat Quim Torra a nommé dès hier les 13 membres de son gouvernement, six jours avant la date annoncée. Deux des membres du nouveau gouvernement sont en prison -Jordi Turull et Josep Rull- et rétablis dans leurs anciennes fonctions respectives à la tête du ministère de la Présidence et à celle du Territoire et de l’Environnement, tandis que deux autres -Toni Comin (Santé publique) et Lluís Puig (Culture) sont en exil.

À noter également que deux des nouveaux « ministres » avaient fait partie du « Triparti » sous la présidence du socialiste Pasqual Maragall : son frère Ernest Maragall, qui prend la tête des Affaires extérieures, et Josep Bargalló, qui retrouve son ministère de l’Éducation.

Pilier indiscutable du gouvernement de Quim Torra, Elsa Artadi, qui avait été pressentie comme présidente de la Generalitat, une responsabilité qu’elle avait déclinée assumer. Fidèle de Carles Puigdemont, tout autant que Quim Torra, Elsa Artadi est une économiste de très haut niveau.

La décision de Quim Torra, est probablement liée à l’imminence du déclenchement du processus de mises en accusation qui entrainera la suspension des fonctions des quatre dirigeants politiques incarcérés ou exilés. En les nommant plus tôt que prévu, Quim Torra aura le temps de les remplacer par d’autres élus des deux partis (Junts per Catalunya et ERC) auxquels ils appartiennent. Le nouveau gouvernement de la Generalitat n’aura d’existence officielle qu’à partir de sa publication au Journal officiel (DOGC), ce qui devrait aussi, entrainer théoriquement la levée de l’article 155 de la Constitution et la suppression de la tutelle du gouvernement central sur la Catalogne. Or tant que la tutelle s’exerce, l’ordre de publication dépend encore de Madrid…

Joana Viusà (L’Indépendant, le 20 mai 2018)

« Provocation » pour Madrid

La nomination de ministres incarcérés ou en fuite constitue une « nouvelle provocation », a estimé le gouvernement espagnol dans un communiqué. Madrid « analysera la viabilité » d’un tel gouvernement, a-t-il ajouté, laissant entendre qu’il pourrait suspendre la publication au journal officiel.

« Un conseiller ou un ministre ne peut pas exercer ses fonctions en tant que tel en étant en prison », avait déjà souligné vendredi le porte-parole du gouvernement Iñigo Méndez de Vigo. Le parti Ciudadanos, rival du Parti Populaire de M. Rajoy, a demandé qu’il paralyse la procédure. « Dans ces conditions, on ne peut pas lever le 155 », a écrit le chef de Ciudadanos en Catalogne, Inés Arrimadassur twitter.

L’Indépendant, le 20 mai 2018

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