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Le président de la Generalitat de Catalogne s’est rendu à la prison d’Estrémera

Le président Torra rend viste aux politiques en prison

À la sortie de la prison d’Estrémera où il est allé hier rendre visite à Jordi Turull, Josep Rull, Joaquim Forn (tous trois membres de son parti « Junts per Catalunya ») et à Oriol Junqueras et à Raül Romeva (membres d’ERC), le président de la Generalitat Quim Torra a adressé un appel pressant au chef du Gouvernement espagnol : « Señor Rajoy, sentémonos ! ». Peu après, en quittant la prison d’Alcalá-Meco, où se trouvent l’ex-présidente du Parlement catalan Carme Forcadell et l’ex-syndicaliste et ministre des Affaires sociales Dolors Bassa, il a renchéri : « Cela ne peut pas durer : il faut résoudre ce problème ! Dans aucun pays d’Europe ces personnes ne seraient en prison préventive pour les délits dont on les accuse », a-t-il assuré. À Estremera, Quim Torra en a profité pour communiquer officiellement à Jordi Turull et à Josep Rull qu’ils sont reconduits dans leurs fonctions précédentes, celles qu’ils occupaient sous le gouvernement destitué de Carles Puigdemont. Dans l’après-midi, le président Quim Torra a terminé sa tournée des prisons à Soto del Real où sont incarcérés les deux ex-dirigeants de l’ANC et d’Omnium Cultural, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart. Il a effectué cette dernière visite en compagnie du président du Parlement Roger Torrent, qui ce matin se rendra dans les deux autres prisons.

Les visites carcérales d’hier confirment que Quim Torra poursuit le défi de son prédécesseur Carles Puigdemont, confiné à Berlin en attente d’une éventuelle extradition. En premier lieu, au lendemain même de son élection à la tête de la Generalitat, il a déjoué tout lien de dépendance vis-à-vis du gouvernement central lors de sa propre investiture, puis en nommant des ex-ministres incarcérés et exilés (Lluís Puig et Toni Comin). Tout cela bien évidemment dans le but de forcer Mariano Rajoy à négocier une sortie de l’impasse catalane « sans conditions ni limites préalables ».

Investiture programmée demain

L’investiture des membres du gouvernement de Quim Torra est théoriquement programmée pour demain mercredi. Jordi Turull et Josep Rull ont fait une nouvelle demande d’autorisation de sortie qui n’a aucune chance d’être accordée. Les chances d’investir les deux ex ministres exilés en Belgique étant encore moins probables.

Or, le chef du gouvernement central -qui exerce encore la tutelle sur la Generalitat- reste la seule autorité habilitée à autoriser la publication au DOGC (Journal officiel de la Generalitat de Catalogne) du décret de nomination des membres de l’exécutif catalan. L’inclusion des quatre noms « indésirables » dans le cabinet ministériel du président Quim Torra, a contraint Mariano Rajoy à « procéder à l’examen de la viabilité » de la composition nominale des ministères catalans.

Contournant l’obligation de publier le décret, le gouvernement Rajoy a pris la décision de se contenter de décrire la structure du nouvel exécutif catalan qui se compose d’un vice-président et 13 « Conselleries » (ministères) et leurs attributions.

Sans la publication nominale du décret, le nouveau gouvernement n’a pas d’existence légale, rendant impossible la levée de l’article 155 de la Constitution qui pèse sur l’administration catalane.

Joana Viusà (L’Indépendant, le 22 mai 2018)

Six mois d’inéligibilité pour ne pas avoir retiré « l’estelada » du fronton de la mairie

Elle n’avait pas voulu retirer le drapeau indépendantiste affiché sur le fronton de la mairie de sa commune. Hier, le tribunal de Manresa a requis six mois d’inégibilité et une amende de 540 euros à l’encontre de Montsé Venturos qui devait répondre du délit de « désobéissance ». Dans les faits, il est reproché à l’élue d’avoir désobéi à l’ordre de la Junta Electoral de retirer l’estalada de la façade de l’hôtel de ville lors des élections du 27 septembre et du 20 décembre 2015.

Déjà détenue à deux reprises en novembre 2016 par les Mossos d’Esquadra pour ne pas avoir répondu aux convocations du juge d’instruction en charge du dossier, Montsé Venturos a réaffirmé hier à la presse qui l’attendait à la sortie du tribunal être victime d’un « procès strictement politique » dont elle est la « coupable d’office ». « La légitimité populaire » doit prévaloir devant la légalité a-t- elle plaidé devant les médias. Me Salellas, son avocat et ancien député de la CUP, a quant à lui déploré que la justice se mette au « service d’une idéologie ».

J.-M. Salvador (L’Indépendant, le 22 mai 2018)

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