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SNCF. L’État reprend 35 milliards de dette, les syndicats restent mobilisés

Guillaume Pepy a loué des avancées financières historiques.

Les syndicats de la SNCF, qui ont reçu hier la confirmation d’Édouard Philippe que l’État reprendrait une partie de la dette du groupe à hauteur de 35 milliards d’euros, poursuivent tous la grève, seule l’Unsa envisageant une sortie du conflit. Alors que le texte de loi, voté en première lecture en avril à l’Assemblée, arrivera en séance publique au Sénat mardi, l’État a voulu donner quelques gages aux syndicats qui se sont succédé hier matin à Matignon.

M. Philippe a ainsi confirmé que l’État reprendrait 35 milliards d’euros de dette, dont 25 milliards en 2020 et 10 mil- liards en 2022, afin que l’entreprise atteigne « l’équilibre » financier « avant la fin du quinquennat ». « Un engagement sans précédent », a-t-il vanté.

« Il n’y aura pas d’impôt SNCF » pour compenser cette reprise de dette, qui « viendra s’ajouter à la dette publique de l’État », a-t-il précisé.

En contrepartie et afin de consolider le modèle économique, le Premier ministre a demandé un effort de productivité à la SNCF pour combler son écart de compétitivité estimé à 30% par rapport à ses concurrents.

Le gouvernement veut aussi « alléger le poids des péages ferroviaires » acquittés par les trains circulant sur le réseau SNCF, en limitant la hausse de leurs tarifs « au niveau de l’inflation ». L’Unsa, qui a eu la primeur des annonces gouvernementales, est « rassurée » par l’« engagement ferme de l’État » sur les finances de la SNCF, s’est félicité son secrétaire général Luc Bérille.

La grève pour « peser »

À la CGT Cheminots, « le combat », c’est-à-dire la grève entamée il y a deux mois, continue car « la mobilisation est plus que jamais nécessaire », a insisté son secrétaire général Laurent Brun, même si la tonalité de ses propos a paru plus apaisée que lors de la précédente série de rencontres bilatérales à Matignon le 7 mai.

« Pour résumer, on a un gouvernement qui semble plus ouvert mais qui a toujours du mal à s’engager », a estimé Laurent Brun qui revendique la tenue d’une « table ronde tripartite (organisations syndicales, patronat, gouvernement, NDLR) pour que le gouvernement fixe ses engagements par écrit vis-à-vis des grévistes ». M. Philippe « ne nous a pas dit non » et « nous donnera une réponse très prochainement », a-t-il glissé.

Plus tranché, SUD-Rail n’a vu « guère plus d’avancées » pour les cheminots et « pas de satisfactions » à l’issue de son entretien, « pas de nature à faire cesser la grève », selon son porte-parole Erik Meyer. SUD-Rail réclame le retrait du projet, ainsi que « des négociations tripartites » avec « le patronat du secteur (ferroviaire), le gouvernement et les organisations syndicales » pour étudier « l’ensemble des questions sur l’ouverture à la concurrence, le financement et les garanties sociales du secteur ».

À la CFDT aussi, la grève « continue » car « nous avons besoin de la mobilisation pour aller jusqu’au bout » du processus parlementaire, a souligné son secrétaire général, Laurent Berger.

L’Indépendant, le 26 mai 2018

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