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Pierre Laurent, Parti communiste. « La volonté d’unité sans hégémonie s’est imposée à tous »

Pour « la Marseillaise » Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, livre son regard sur l’état du mouvement social et le rassemblement en construction.

La Marseillaise. Avant d’avoir lieu, la « marée populaire » de ce samedi est déjà un événement au regard du nombre et de la diversité des organisations qui appellent à défiler. Quelle est votre analyse de la situation ?

Pierre Laurent. Je crois que cette journée du 26 mai est un événement très important face à un pouvoir aussi concentré et autoritaire que celui qui s’affirme avec Macron. Il y a besoin d’additionner les énergies. Il ne s’agit pas de confondre les différentes luttes mais de leur donner à toutes plus de force pour imposer des reculs au gouvernement et arracher des victoires. Il y a besoin d’une synergie populaire large. Le cadre unitaire tel qu’il s’est construit permet d’additionner les forces d’organisations très différentes, chacune dans leur rôle respectif, en se respectant, en ne cherchant pas l’hégémonie de tel ou tel sur le rassemblement.

La Marseillaise. Malgré le très large éventail des organisations qui appellent à cette marée populaire, on n’y retrouve pas l’unité syndicale observée à la SNCF ou dans la fonction publique. Que faudrait-il pour y parvenir ?

Pierre Laurent. Je souhaite que la situation évolue dans ce sens. Mais nous sommes dès maintenant face à des signes nouveaux. Le fait que nous ayons réussi à construire ce cadre unitaire large avec des organisations politiques, syndicales et associatives est un fait marquant. L’unité syndicale dans les secteurs en lutte est bien là et elle tient. Lors de la manifestation du 22 mai de la Fonction publique, tous les dirigeants confédéraux ont manifesté à Paris, c’est un signal encourageant. Il y a bien sûr des divergences, des différences mais un immense besoin d’unité s’exprime face à un pouvoir qui n’écoute personne : pas plus les retraités que les cheminots, pas plus les salariés du privé que les fonctionnaires, pas plus la CGT que la CFDT ou l’Unsa.

La Marseillaise. Dans cette unité en construction quel rôle veulent jouer les communistes ?

Pierre Laurent. Nous avons joué un rôle très actif pour parvenir à la journée du 26 mai, pour bâtir un cadre unitaire offensif, très revendicatif, inscrit dans les luttes. Mais nous ne voulons pas nous limiter à soutenir les luttes. Notre apport de communistes réside dans les propositions politiques, les solutions dont nous sommes porteurs. Dans le cas de la SNCF nous voulons par exemple une reprise de la dette qui ne soit pas soumise aux logiques de rentabilité financières actuelle et financée par le contribuable mais reprise à taux zéro par la Banque centrale européenne pour permettre de nouveaux investissements ferroviaires. Le texte du gouvernement arrive très prochainement au Sénat. Nous allons y mener la bataille du rail. Nous avons déposé une centaine d’amendements qui sont porteurs d’autant de propositions.

La Marseillaise. Sur le plan politique, plusieurs initiatives de convergences ont été prises ces derniers mois notamment un meeting place de la République à Paris. Cette fois la France insoumise y participe en tant que telle. Quelle lecture en faites-vous ?

Pierre Laurent. La volonté d’unité sans hégémonie s’est imposée comme une exigence à tout le monde. Le cadre unitaire a progressé, je veux m’en féliciter. J’ai toujours pensé qu’un cadre unitaire ample était possible si chacun était respecté. J’espère que le 26 mai ne sera pas sans lendemain, le travail de rassemblement doit se poursuivre.

La Marseillaise. Ferez-vous des propositions en ce sens ?

Pierre Laurent. Nous sommes en train d’y réfléchir. Un conseil national du PCF se tiendra les 2 et 3 juin. Il faut des propositions pour continuer la lutte et donner de la force à la fonction publique, mais aussi au privé qui se mobilise sur les salaires. Je pense également à la question de l’hôpital qui souffre énormément. Pourquoi ne pas organiser à l’automne des marches blanches pour la Santé dans tout le pays dans le but d’arracher des moyens pour l’hôpital ?

La Marseillaise. La manifestation unitaire de Marseille le 14 avril dernier a-t-elle été le déclencheur de la nouvelle étape de rassemblement qui s’ouvre aujourd’hui ?

Pierre Laurent. Dans les Bouches-du-Rhône, le travail unitaire existe depuis plusieurs années. J’ai moi-même participé, avec d’autres, à une manifestation de ce type à l’origine de ce processus. La manifestation du 14 avril à Marseille et les initiatives prises ont niveau national ont contribué à la création de ce cadre unitaire commun qu’il faut continuer de construire.

Propos recueillis par Léo Purguette (La Marseillaise, le 26 mai 2018)

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