Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Catalogne. Le défi des catalanistes face à la crise politique en Espagne

Aujourd’hui et vendredi, la motion de censure contre Mariano Rajoy est examinée.

Mardi, à trois jours du vote de la « motion de censure » que le PSOE a présenté à l’encontre de Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol et du Partido Popular, Pedro Sanchez ouvrait le marathon des prises de contact avec les dirigeants de partis éventuellement prêts à donner leur oui. Ne comptant que sur ses 84 élus au Congrès des députés, le leader socialiste propose de s’entendre entre partis de manière consensuelle sur une question adressée à l’ensemble des 350 élus de la Chambre des députés : « Monsieur Mariano Rajoy doit-il oui ou non continuer à la tête du Gouvernement au vu du verdict accréditant que le PP a été financé par la trame Gurtel ? (caisse noire du financement illicite, NDLR) ».

Le candidat Pedro Sanchez promet de convoquer des élections juste après. Avant-hier, il a commencé par rencontrer les chefs de file indépendantistes au Congrès des députés espagnol, du PDECat et ERC, ainsi que le leader de Podemos, Pablo Iglesias et celui de « Compromis », formation valencienne proche de ce dernier parti. Les élus respectifs des quatre partis mentionnés ont manifesté leur disposition à adhérer à la motion de censure socialiste dans le but exclusif de faire tomber le gouvernement du PP, donc sans exiger aucune condition préalable.

Que va faire Quim Torra ?

En revanche, à Barcelone, le son de cloche serait différent : le directeur adjoint à Madrid du journal barcelonais La Vanguardia, Enric Juliana assure que Quim Torra, à l’instar de son mentor à Berlin, Carles Puigdemont, ne veut pas entendre parler de s’aligner sur la motion socialiste. Or, le président de la Generalitat ayant été investi avec les voix de Junts per Catalunya, -donc du PdCat, qui fait partie de cette formation-, il semblerait que le « cercle Puidemont » et celui de son parti matriciel ne s’exprimeraient plus à l’unisson. « Leur stratégie », selon Enric Juliana, « consiste à mettre encore davantage la pression jusqu’aux prochaines élections », qui ne manqueront pas d’être convoquées à plus ou moins court terme. Et cela, toujours dans le but de négocier l’avenir institutionnel de la Catalogne.

De fait, un débat est ouvert au sein des deux principales formations indépendantistes à propos du vote de leurs 17 élus respectifs (9 députés d’ERC et 8 du PDECat). Or, les deux formations avaient déjà proposé en janvier de l’an dernier d’offrir leurs voix sans condition dans le but de déloger Rajoy du palais de la Moncloa. Il est vrai que Pedro Sanchez brandissait alors le « Manifeste territorial », adopté à Grenade par le PSOE, comme étant la formule de coexistence du futur adaptée aux territoires différentiés de l’Espagne. Depuis lors, le soutien du PSOE à la mise sous tutelle de la Catalogne a creusé un fossé avec les dirigeants indépendantistes. Celui-ci s’est élargi à la suite de commentaires jugés « injurieux » proférés à l’encontre du président Quim Torra, le secrétaire général du PSOE l’ayant traité de « raciste ». À Junts per Catalunya, d’aucun réclament au minimum un mea-culpa de la part de Pedro Sanchez en échange d’un vote affirmatif des élus de JxC- PDECat, demain lors du vote contre Rajoy.

Joana Viusà (L’Indépendant, le 31 mai 2018)

Torra garde le contact avec les exilés
Visio-conférence avec Carles Puigdemont (toujours retenu en Allemagne), visite à Waterloo des trois ex-ministres toujours exilés en Belgique dont il a salué le « sacrifice »… Le président Joaquim Torra, a continué hier les consultations tout en demandant expressément aux membres désignés du futur gouvernement, de garder le contact avec leurs prédécesseurs.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64