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Espagne. Coup de poker à Madrid, Rajoy remplacé par le socialiste Sanchez

Après la condamnation du Parti populaire (droite) dans le procès pour corruption, le Parlement espagnol a adopté une motion de censure contre Mariano Rajoy qui est destitué. Pedro Sanchez socialiste du PSOE lui succède à la tête du gouvernement espagnol.

Une majorité des 350 députés espagnols ont voté, vendredi, une motion de censure contre Mariano Rajoy, le chef du gouvernement de la droite espagnole. La motion a été déposée par le secrétaire général du Parti socialiste espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, et adoptée par les députés par 180 voix pour, 169 contre et une abstention. Le PSOE ne comptant que 84 élus, en début de semaine la motion ne présentait pas un danger pour Rajoy. Patatras. Le vent a tourné et d'autres partis ont rallié la motion.

Premiers à accepter de la signer, les élus de Podemos et de Izquierda Unida « par hygiène démocratique ». Puis, les députés de La gauche indépendantiste catalane (ERC) ont rejoint le mouvement parce que « Virer les voleurs et les matons de la Moncloa n'est pas une option mais une obligation ».

Le PSOE, Podemos/IU, ERC et plusieurs autres partis régionalistes réunissaient ainsi un total de 175 voix. Insuffisant pour valider la motion de censure. Coup de théâtre : le Parti nationaliste basque (PNV) a annoncé sa décision de voter en faveur de la motion apportant les 5 voix nécessaires pour obtenir la majorité absolue.

Mariano Rajoy renvoyé, le socialiste Pedro Sanchez devient le nouveau chef du gouvernement et est amené à gouverner jusqu'à la fin de la législature, soit en juin 2020, à moins d’élections anticipées.

En toile de fond de ce séisme politique, les énormes affaires de corruption qui gangrènent le Parti Populaire (PP) et les récentes décisions de justice impliquant l’entourage de Mariano Rajoy. Il y a plus. Le PSOE ne comptant que 86 députés les ralliements à la motion s’ap- parente à un magistral coup de poker.

Podemos et les élus de Izquierda Unida ont mené une bataille sans répit pour dénoncer la corruption du parti de la droite espagnole et de ses élus. Alberto Garzon, le coordinateur de IU, n’hésitait pas à la tribune des Cortes de condamner « les voleurs en gants blancs ». Mais pas seulement. La politique économique et dite « sociale » de M. Rajoy a été dénoncée et combattue aux Cortes et dans les rues. Ce qui n’est pas le cas des indépendantistes catalans et basques. Pour d’autres raisons, ils font payer à Rajoy ses turpitudes à leur égard.

Les Catalans pour qui l’alignement de Rajoy sur la politique de l’Union européenne leur convient à quelques nuances près ont réglé leurs comptes avec celui qui a embastillé plusieurs de leurs amis. En coulisses, ils ont obtenu de Pedro Sanchez l’assurance d’une négociation plus sereine entre Madrid et Barcelone et une promesse d’élargissement des élus indépendantistes.

Quant aux Basques, prenant en compte l’état de leur opinion publique hostile à Rajoy et ayant l’assurance de Pedro Sanchez de ne pas toucher au budget voté la semaine dernière leur accordant d’importantes largesses financières, ils ont lâché l’ancien pour mieux préparer leur propre avenir.

Qui peut dire ce que deviendra ce regroupement hétéroclite mettant fin à un pouvoir de culs bénis aux âmes souillées et aux poches pleines ? Au poker, on peut gagner gros. On peut aussi perdre sa chemise.

José Fort (La Marseillaise, le 2 juin 2018)

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