Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Espagne. Pedro Sanchez a prêté serment

Le leader socialiste, tombeur de Mariano Rajoy, nommé chef du gouvernement.

Le socialiste espagnol Pedro Sanchez a prêté serment hier comme chef d’un gouvernement qu’il doit encore former, après avoir renversé le conservateur Mariano Rajoy, et le président indépendantiste de Catalogne l’a immédiatement appelé à négocier l’avenir de la région. Pedro Sanchez, un économiste de 46 ans sans expérience du pouvoir, a prêté serment devant le roi Felipe VI, au palais de la Zarzuela, et en présence de son prédécesseur Mariano Rajoy, qu’il a évincé vendredi grâce à une motion de censure au Parlement.

Sans bible ni crucifix, une première en Espagne, il a juré « de respecter et faire respecter la constitution comme la loi fondamentale de l’État ».

Un défi à relever sans attendre, puisque le président de la région Catalogne, Quim Torra, l’a invité à des négociations alors que son objectif est l’indépendance de la Catalogne, contraire à la constitution. « Nous devons nous asseoir à la même table, de gouvernement à gouvernement. La situation ne peut pas continuer, même pas un jour de plus », a dit M. Torra dont le gouvernement régional a pris ses fonctions peu après la prestation de serment de M. Sanchez.

Cette prise de fonction entraîne la levée automatique de la tutelle imposée à la Catalogne quand elle a tenté de faire sécession le 27 octobre dernier.

M. Sanchez s’est déjà engagé à « jeter des ponts » pour dialoguer avec les indépendantistes, même s’il avait fermement soutenu M. Rajoy dans la crise catalane.

Redressement fulgurant

Le chef du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) doit encore nommer les membres de son gouvernement. Ce n’est que quand la liste sera publiée au journal officiel qu’il pourra prendre pleinement ses fonctions, dans les jours qui viennent.

Après avoir mené son parti à deux défaites électorales cuisantes en 2015 et 2016, contraint à la démission par l’appareil du PSOE puis remis en selle par les militants il y a un an à peine, Pedro Sanchez a réussi à déboulonner M. Rajoy, un vétéran de la politique de 63 ans, au pouvoir depuis 2011.

Lors de sa première prise de parole, son successeur, 1,90 m et surnommé « le beau mec », a promis d’aborder avec « humilité tous les défis auxquels le pays fait face » en citant en particulier « l’urgence sociale », alors que le chômage et la précarité minent toujours l’Espagne malgré une insolente reprise économique.

Mais il devra démontrer qu’il peut gouverner avec ses 84 députés socialistes après avoir réuni une majorité hétéroclite allant de la gauche radicale Podemos aux indépendantistes catalans et aux nationalistes basques du PNV. Ses alliés de circonstance ont tous souligné que leur vote contre M. Rajoy n’était pas un chèque en blanc. Podemos réclame avec insistance d’entrer au gouvernement.

L’Indépendant, le 3 juin 2018

En Catalogne. Quim Torra prête lui aussi serment

Le président indépendantiste catalan Quim Torra, qui a prêté serment hier à Barcelone, a appelé le nouveau Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez à des pourparlers.

« Premier ministre Pedro Sanchez, parlons, occupons nous du problème, prenons des risques, vous et moi », a déclaré M. Torra, quelques minutes après que Pedro Sanchez a lui-même prêté serment à Madrid. « Nous devons nous asseoir à la même table et négocier, de gouvernement à gouvernement. La situation dans laquelle nous nous trouvons ne peut continuer, même pas un jour de plus », a dit M. Torra. L’entrée en fonction de M. Torra entraîne la levée de la tutelle imposée en octobre à cette région d’Espagne après sa tentative de sécession avortée. Quim Torra, membre de l’aile dure de son mouvement et proche du président destitué Carles Puigdemont, était entouré, lors de la cérémonie, des 13 conseillers appelés à former son gouvernement. Certains portaient du jaune, couleur de la cause indépendantiste. Une chaise vide ornée d’un ruban jaune représentait les séparatistes catalans qui sont en prison et ceux qui comme M. Puigdemont ont fui à l’étranger.

Le gouvernement espagnol avait donné son feu vert vendredi à l’entrée en fonction du nouveau gouvernement indépendantiste catalan, après que les noms de « ministres » incarcérés ou exilés en eurent été exclus.

Madrid avait refusé le premier exécutif annoncé le 19 mai par M. Torra et qui incluait quatre ministres emprisonnés ou exilés en Belgique depuis la vaine déclaration d’indépendance du 27 octobre. Mais le président catalan a finalement publié mardi une nouvelle liste sans ces quatre dirigeants indépendantistes. Deux sont en détention provisoire. Deux autres sont eux installés à Bruxelles et la justice espagnole, qui veut les juger pour « rébellion », réclame leur extradition.

L’Indépendant, le 3 juin 2018

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64