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Du 26 mai en France à la victoire des droites extrêmes en Italie

Ces événements posent les redoutables questions de la résistance à la domination sans partage des politiques inancières et austéritaires et de la construction d’une alternative en France et en Europe.

Les manifestations du 26 mai qui ont rassemblé beaucoup de monde dans les principales villes de l’hexagone ont eu lieu, il faut le redire, à l’appel de 80 organisations syndicales, associatives et politiques. C’est un fait inédit à cette échelle même si Marseille peut s’enorgueillir d’avoir déjà expérimenté ce type de rassemblement.

Inédit parce que chacun compte pour un, les formes de luttes et les mots d’ordre sont décidés en commun dans le respect de la nature et des objectifs de chaque organisation. Cela demande du temps mais c’est plus efficace parce que plus démocratique. Pour toutes ces raisons, le 26 mai peut être le prélude d’une autre manière de se fixer l’ambition que tout le monde partage, la convergence des luttes sociales et donc leur succès. Encore faut-il ne pas s’embarrasser de ces faux débats qui sont autant d’obstacles cette ambition : ainsi il ne me parait pas nécessaire pour y parvenir de remettre en cause l’indépendance du syndical ou de l’associatif vis-à-vis du politique ; de même rien ne doit être fait pour donner l’impression que l’unité passe par une forme de ralliement à te ou tel, encore moins donner le sentiment d’une quelconque instrumentalisation du mouvement social et citoyen par le politique. Il n’existe pas de relation mécanique entre les luttes sociales, fussent-elles victorieuses, ce qui n’est pas encore le cas, et le changement politique. L’histoire a montré que c’était beaucoup plus compliqué que cela : Front populaire où les luttes sociales suivent la victoire électorale de la gauche, mai 68 ou les luttes étudiantes et ouvrières ont du mal à converger et ne parviennent pas à trouver un débouché politique. Force est de constater qu’il y a encore beaucoup de travail pour construire un rapport de force favorable à l’émergence d’un nouveau front populaire.

N’est d’autant plus vrai que la victoire des droites en Italie sonne comme une véritable alerte. Là encore, il faut en finir avec les faux débats qui traversent la gauche européenne : le populisme peut-il être une réponse progressiste à la domination du capital ? Ma réponse est non et le terme même de populisme de gauche constitue un oxymore. L’Italie vient d’en administrer la preuve. L’alliance victorieuse entre la Ligua, formation d’extrême droite et le Mouvement 5 étoiles qui se réclame du populisme, s’est faite sur une base profondément réactionnaire, nationaliste et xénophobe avec la bénédiction de Berlusconi.

A l’opposé des intérêts du peuple

L’émergence des mouvements populistes en Europe, l’accession de certains d’entre eux au pouvoir, constituent des réponses à l’opposé des intérêts des peuples qu’ils prétendent défendre. L’histoire européenne est pleine d’enseignements et le livre d’Éric Vuillard, L’ordre du jour (prix Goncourt) montre comment se sont noués, sur le dos du peuple allemand, les liens étroits entre le national-socialisme et les industriels de la Rhur.

L’« euroscepticisme » dont les forces populistes se targuent, se définit dans leur esprit non sur une base sociale et anticapitaliste mais sur des logiques nationalistes lourdes de menaces pour la paix. En France comme en Europe nous devons refuser le piège grossier qui nous est tendu : nous ne voulons ni de la mondialisation financière ni du national-populisme, encore moins des deux en même temps. C’est d’une autre perspective, ouverte sur le monde, sociale, écologique, démocratique et pacifique dont nous avons besoin.

Le bloc-note d’Alain Hayot (La Marseillaise, le 4 juin 2018)

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