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L’intersyndicale d’Air France menace de repartir au conflit

Un mois après la démission de son PDG désavoué par son propre référendum, l’intersyndicale des salariés d’Air France pourrait bien reprendre le conflit.

Réunie lundi après-midi à Roissy, l’intersyndicale des salariés d’Air France a décidé d’attendre vendredi, et la fin des rencontres bilatérales initiées par la présidente par intérim d’Air France KLM, Anne-Marie Couderc, pour annoncer la suite collective qu’elle entendait donner au mouvement de revendication lancé sur les salaires.

« Vous pensez bien qu’on n’a pas fait 15 jours de grève pour en rester là. On n’exclut rien du tout, c’est clair », commente Grégoire Aplincourt, président du Syndicat des pilotes d’Air France (SPAF) à la sortie de deux heures de tour de table. L’intersyndicale regroupe les trois syndicats de pilotes (SNPL, SPAF, Alter), deux syndicats d’hôtesses de l’air et stewards (SNPNC et UNSA-PNC) et cinq autres de personnel au sol (CGT , FO, SUD, CFTC et SNGAF).

« Nous ne resterons pas les bras croisés »

« On sait quasiment ce qui se passera. L’intersyndicale a préparé la réponse qu’il y aura. Et si Mme Couderc n’a rien à nous dire et bien nous ne resterons pas les bras croisés », prévient Grégoire Aplincourt.

Cette réunion intervient au lendemain de l’annonce faite par le groupe AccorHotels de la reprise de ses « réflexions sur la faisabilité d’une prise de participation minoritaire ». Ce pourrait être le rachat des parts détenues par l’État, premier actionnaire de la compagnie pour 14,3% de son capital. « AccorHotels n’est pas un acteur du transport », réagit d’emblée le président du SPAF qui balaie d’un revers de main « cette rumeur qui n’est pas notre principale préoccupation ». De pointer : « Est-ce logique et bien raisonnable d’avoir au capital d’Air France un groupe qui est en partie détenu par des Qataris, sachant qu’on est en concurrence avec leurs compagnies dans le Golfe ? Cela peut vraiment poser problème. »

Les marchés ont réagi à cette perspective de rachat puisqu’à la Bourse de Paris, l’action AccorHotels piquait de 6,40% tandis que celle d’Air France-KLM prenait de l’air à 7%. Ces deux leaders mondiaux du voyage ont déjà noué de nombreux partenariats commerciaux, fait valoir AccorHotels qui lorgne depuis longtemps sur Air France. Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) voit surtout dans ce projet hypothétique de vente « une manœuvre dilatoire », et qui plus est « ne règle strictement rien ».

« L’attente des salariés est forte et légitime »

Pour Serge Bodrero, secrétaire CGT Air France à Marseille, « il faut donner suite au mouvement, trouver une solution, sortir de cette impasse provoquée par la démission de Jean-Marc Janaillac qu’on n’a pas recherchée ». Il considère que la présidente par intérim a pleinement le mandat pour reprendre les négociations. « Mme Couderc est aux commandes, même par intérim. Elle est apte à mener ces négociations. Elle en a le pouvoir. Que la direction entende bien le message de mécontentement des salariés qui ont rejeté la stratégie de la direction sinon je ne vois pas d’issue heureuse. En 2010, la société nous avait dit qu’on ferait le retour à la bonne for- tune et que tout le monde en profiterait. »

La manifestation d’intérêts d’AccorHotels a le mérite à ses yeux, de monter toutes les qualités que revêt la compagnie française. « C’est donc que la mariée ressemble à quelque chose alors que pendant le référendum la direction a voulu faire croire qu’Air France était une compagnie moribonde, au bord du gouffre. L’attente des salariés est forte et légitime. Nous n’attendrons pas cent ans pour que la direction y réponde » prévient-il. « Anne-Marie Couderc la présidente par intérim, Franck Terner le directeur général d’Air France, Gilles Gateau le directeur général adjoint des ressources humaines et certains membres du gouvernement qui se sont immiscés, eux qui gèrent si mal le pays, doivent entendre le message des salariés. »

Pour Karim Taïbi de FO Air France, il y a « unanimité de l’intersyndicale pour repartir. Le conseil d’administration de la holding fuit ses responsabilités. Tout ce joli monde devra assumer l’été houleux qui s’annonce. »

David Coquille (La Marseillaise, le 5 juin 2018)

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