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Céret La véritable histoire de « La sardane de la Paix »

De jeunes Reynésiens dévoilent la véritable histoire du chef d’œuvre de Picasso.

Sur la proposition de Roland Enard, les jeunes cinéastes de l’association EoDianoïa (EOD Production) de Reynés, Mathias Lang président, Alexandre Escudero trésorier, Enzo Gomez secrétaire et leurs amis, ont rencontré trois témoins de cet événement afin de rétablir la vérité sur certains points sujets à polémique concernant la genèse de l’œuvre de Pablo Picasso, La sardane de la Paix.

Petit retour dans les années 1950. Plus exactement le 20 septembre 1953. Après la course de taureaux organisée pour la fête de la Saint-Ferréol cérétane, et présidée cette année-là par Pablo Picasso, la section locale du Parti communiste français invite le peintre à un vin d’honneur au Grand café. À l’étage, dans la salle du Cercle, siège du Céret Sportif, ils sont une vingtaine, Pablo Picasso, Édouard Pignon, personnalités et amis, installés autour des guéridons en marbre. Pierre Mau, professeur de dessin et membre du PCF, demande alors à Pablo Picasso de laisser une trace de son passage à Céret.

Dans ce café, tenu par Émile Erre et son épouse, André Bosch, fils de la propriétaire, possède un plumier et un encrier car il « aime écrire en ronde ».

On apporte aussitôt le matériel nécessaire. L’artiste commence par mâchouiller le manche d’un porte-plume en bambou et trempe le pinceau improvisé dans l’encre avant d’ébaucher un premier dessin qu’il déchirera car il ne lui convient pas. Il prend une autre feuille de papier Canson, et « en quelques coups de traits », dessine la célèbre sardane, symbole de fraternité, et la colombe de la paix. À la demande de Pierre Mau, il appose sa signature. La sardane de la paix vient de naître.

Le maître offre le dessin à ses camarades qui conserveront l’œuvre quelques années avant d’en faire don au Musée de Céret.

Cette année-là, André Bosch, récemment décédé, avait vingt ans, Édgar Bardagué quatorze ans et Serge Guisset dix-sept ans.

Un don du PCF

Édgar Bardagué déplore certaine rubrique journalistique donnant de fausses informations sur le déroulement de cet événement et regrette que soit effacée sur certaines reproductions l’inscription : « don de la section du Parti communiste français ». Il souhaite « que la mémoire reste, car un jour on ne sera plus là… ».

Pour Serge Guisset : « Ce don des copains du PCF est une démarche culturelle qui les honore. Supprimer l’inscription est une tromperie ».

André Bosch était un inconditionnel de Pablo Picasso. « J’ai admiré son talent le jour où il a dessiné à l’envers, sur une table du Grand café, le visage d’une femme pour que Manolo, assis en face de lui, comprenne de qui il parlait ». Si quelques détails divergent, comme l’encre de Chine ou Waterman, la sardane dessinée avant la colombe ou l’inverse… tous ces témoignages recueillis par l’équipe de cinéastes constituent un relevé des mémoires d’un événement culturel qu’il convient, d’après Maxime Escriba, historien, de trier pour se rapprocher le plus possible de la vérité.

Après huit mois de travail, mission accomplie pour les jeunes bénévoles de l’association reynésienne dont les projets audiovisuels ont pour objectif de diffuser la culture locale spécialement de Reynés et Céret.

Magali Mas-Ferrari (L’Indépendant, le 6 juin 2018)

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