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Catalogne. Sánchez à la recherche d’un délicat équilibre dans la crise catalane

Ouverture au dialogue d’un côté et poursuite du procès contre les séparatistes de l’autre.

Pedro Sánchez, l’homme de gauche qui a évincé l’invincible géant de la droite Mariano Rajoy, grâce au vote de tous les partis (à l’exception du Partido Popular et de Ciudadanos), a promis d’être à leur écoute. En tout cas il continuera à avoir besoin d’eux sachant que le PSOE n’a que 84 élus (sur 135) pour défendre son futur programme. Avant de peaufiner son équipe de gouvernement, il a déjà pris contact avec le Président de la Generalitat Quim Torra, qui samedi dernier avait tendu la main vers Madrid en ces termes : « Monsieur le chef du Gouvernement Pedro Sánchez, parlons ! Occupons-nous du problème ! Prenons des risques, vous et moi ! »

Quel sort pour les indépendantistes emprisonnés ?

En attendant, Pedro Sánchez a placé à la tête du ministère du territoire une de ses plus proches collaboratrices, la catalane Meritxell Batet. Il est vrai que pour contenter les « Barons » de son parti (les tenants de l’Espagne constitutionnellement intouchable), il a par ailleurs nommé ministre des affaires étrangères un autre Catalan, héraut du jacobinisme le plus intransigeant -et bête noire de ses concitoyens indépendantistes-, Josep Borrell, qui fut ministre des travaux publics sous Felipe Gonzalez, puis président du Parlement européen de 2004 à 2007.

En attendant de nommer un nouveau procureur de l’État, le ministre des Travaux Publics, José Luís Àbalos, et main droite de Pedro Sánchez, interrogé hier matin au sujet du sort des indépendantistes catalans emprisonnés ou en exil, a évité de « s’engager », alléguant que même si « le procureur est effectivement nommé par l’État, il dispose de sa propre liberté d’action (…) dans le cadre de la loi ». Autrement dit, l’instruction, voire le procès contre les dirigeants catalans suivra son cours. Par contre, le ministre est formel : « Défendre la loi, c’est une chose ; sombrer dans le harcèlement, en est une autre ! » s’est-il écrié, tout en reprochant « à certains d’avoir outrepassé la loi elle-même (…) dans leur entêtement à faire la guerre pour la guerre ». Le gouvernement Sanchez veut un « retour à la normale », « s’engager dans une autre voie », et « entreprendre la désescalade de la tension en Catalogne », a martelé le ministre. En revanche, l’intervention financière du pouvoir central sur la Generalitat perdurera, jusqu’au dénouement d’une solution négociée. Par contre, la tutelle administrative découlant de l’application de l’article 155 de la Constitution a été levée samedi dernier, juste après la prestation du serment du nouveau gouvernement catalan.

Joana Viusà (L’Indépendant, le 6 juin 2018)

Le juge jugé ?

L’ex-président de la Generalitat Carles Puigdemont et ses anciens ministres, partis en exil avec lui, Toni Comín, Meritxell Serret et Lluís Puig ont porté plainte devant la justice belge contre le juge espagnol Pablo Llarena, qu’ils accusent d’avoir outrepassé ses fonctions et d’avoir failli à son devoir de garantir les conditions d’un procès équitable à leur égard. Selon eux, le juge Llarena se serait livré publiquement à des considérations à leur propos, « au mépris du respect de la présomption d’innocence ». Le tribunal belge a cité à comparaître le juge Pablo Llarena le 4 septembre prochain.

Joana Viusà (L’Indépendant, le 6 juin 2018)

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