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Migrants. Élan de solidarité autour d’une famille arménienne en détresse

Sommés de retourner en Arménie où leurs vies seraient menacées.

C’était jour d’affluence hier devant les locaux perpignanais de la Police aux frontières (PAF). Aux environs de 14 heures, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant l’entrée de l’administration située rue de la Pépinière-Robin, dans le quartier Saint-Assiscle, à Perpignan. Les militants de plusieurs associations venant en aide aux migrants (Cimade, Réseau éducation sans frontières, comité de soutien aux sans-papiers, Bouge-toit…) se sont notamment mobilisés pour soutenir les Babayan, une famille arménienne sommée de quitter le territoire français.

Deux diplômés et leur fille de 11 ans

Déboutée du droit d’asile, la famille en question (un couple de trentenaires et leur fille de 11 ans) est tenue de se présenter chaque mercredi dans les locaux de la PAF. Les associations craignaient que cette semaine, leur visite ne débouche sur une expulsion.

La mobilisation autour des Babayan, arrivés en France en 2014, est d’autant plus forte que la mère de famille, Hripsime, est titulaire d’un master de français langue étrangère (FLE) et d’un titre d’interprète. Elle est en train de passer son master II de FLE et traduit bénévolement pour la Cimade depuis son arrivée à Perpignan. « C’est une très bonne interprète, assure l’une des membres de l’association, Nicole Mathieu. Et son mari, Sahak, a un diplôme d’ingénieur en hydraulique. Ils sont venus en France car leurs vies étaient menacées et non pour des raisons économiques. »

« Nous avons été obligés de partir »

Au final, les Babayan sont ressortis des locaux de la PAF avec un laisser-passer consulaire qui vient s’ajouter à l’ordre de départ pour le 11 juin qui leur avait été remis la semaine dernière. « Je me sens bloquée, confie Hripsime, le visage éteint. Je me suis tellement investie depuis deux ans… Avec mon mari, nous sommes tous les deux diplômés. On vivait bien en Arménie. On a été obligé de partir car on a eu des problèmes assez lourds qui pouvaient avoir de graves conséquences. » Et pour cause : selon la Cimade, qui réclame la régularisation de la famille, Sahak était recherché par la mafia qui voulait se venger de son oncle. S’ils refusent de partir, les Babayan risquent jusqu’à 3 ans de prison. Pour « soustraction à une mesure d’éloignement du territoire ».

Arnaud Andreu (L'Indépendant, le 7 juin 2018)

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