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Clinique St-Pierre. « On nous réquisitionne par huissiers comme de vulgaires criminels »

Hier, le collectif des salariés non syndiqués de la clinique Saint-Pierre de Perpignan a maintenu la grève.

Après les gendarmes, les huissiers. Les réquisitions du personnel en grève de la clinique Saint-Pierre de Perpignan se sont multipliées hier matin, passant de douze sommations lancées aux salariés dans la nuit de mardi à mercredi à cinquante-deux assignations délivrées dans la matinée de jeudi. « Ils nous courent après sur notre lieu de travail ou débarquent à nos domiciles à pas d’heure afin de nous réquisitionner comme de vulgaires criminels », s’insurgent les manifestants en colère.

« Face à quatre gendarmes »

Parmi eux Charlotte -car étant non syndiqués et donc non protégés ils ont tous décidé d’être Charlotte-, raconte : « Il était minuit moins le quart environ quand la sonnette a retenti à la maison. Une fois, deux fois… non-stop jusqu’à ce que j’ouvre la porte et me retrouve face à quatre gendarmes. Je n’ai pas su ce qui m’arrivait. Ils m’ont présenté un papier, j’étais mal réveillée, je ne connaissais pas mes droits, j’ai signé ».

Le document lui impose de prendre son service à minuit trente. « Je n’ai pas réfléchi, j’ai couru au travail », poursuit-elle, décontenancée. Tandis qu’une autre Charlotte s’indigne : « Moi, ils croyaient que j’étais médecin et qu’ils m’amenaient un ordre de mission impératif ». Une troisième dénonce une réquisition pour « une formation informatique ». Une quatrième ajoute son désarroi aux témoignages. Il est 11h30, hier. Le téléphone rivé à l’oreille, elle apprend qu’un huissier vient à l’instant de toquer chez elle. Et en son absence, il a remis la convocation à son mari. Cette Charlotte-là s’effondre. Le stress, la pression s’accumulent sans relâche depuis 48 heures.

Un recours contre les réquisitions

« On nous prend pour des larbins, des esclaves », résument les contestataires, épaulés par la CGT qui soutient le conflit. « Nous allons déposer un recours auprès du tribunal administratif contre l’arrêté préfectoral ordonnant ces réquisitions », annonce Jean-Claude Zaparty, secrétaire départemental CGT. Il estime que « ces actions, intimidations et menaces dont les personnels font l’objet outrepassent les dispositions légales permises ».

La préfecture assume. « Toute décision administrative peut faire l’objet d’un recours. C’est donc conformément au droit que la justice va être saisie », commente le cabinet de Philippe Chopin, nouveau représentant de l’État dans les Pyrénées-Orientales, rappelant que « le préfet a pris, sur proposition de la directrice générale de l’ARS Occitanie, une mesure ponctuelle (NDLR : l’arrêté de réquisitions) dans l’intérêt de la sécurité des patients ».

Ces usagers de l’établissement du groupe Elsan, les protestataires affirment y penser depuis le début du mouvement. « On se bat pour eux, parce qu’aujourd’hui nos conditions de travail ne nous permettent plus de les soigner sans mettre en danger leur sécurité », accusent-ils dans une pétition rédigée à leur attention.

Corine Sabouraud (L'Indépendant, le 8 mai 2018)

L’espoir d’une sortie de crise

Le conflit, qui oppose le collectif de salariés non syndiqués de la clinique Saint- Pierre à la direction de l’établissement, a pris une nouvelle tournure hier en fin d’après-midi en direct de l’inspection du travail.

« Nous n’avons pas entamé de négociations, mais nous avons réussi à instaurer un dialogue. Jacques Colomines, le directeur de la Direccte, nous a reçus en présence de la directrice des ressources humaines de la clinique et nous avons convenu ensemble de nous revoir ce matin à 8h30 pour discuter de nos revendications », se félicitent les contestataires à l’issue de la rencontre. L’entrevue leur a en effet permis de désigner une délégation composée de quatre membres immuables chargés de porter les requêtes du personnel auprès de la direction.

Pour autant, « nous maintenons le mouvement de grève. Nous attendons d’entamer concrètement les pourparlers pour décider de la suite à donner à notre action », précisent-ils, avant de reprendre le chemin de la clinique pour y tenir une assemblée générale.

L'Indépendant, le 8 mai 2018

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