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Santé. Menaces de contagion autour du conflit de la clinique Saint-Pierre

Pas de sortie de crise hier pour les salariés non syndiqués de la clinique Saint-Pierre, en grève depuis mardi soir.

La grève qui affecte depuis mardi soir la clinique Saint-Pierre de Perpignan risque de donner la migraine au groupe Elsan, leader de l’hospitalisation privée en France. À la tête de sept cliniques implantées dans les Pyrénées-Orientales, le géant du secteur pourrait en effet être localement contaminé par d’autres mouvements de grogne. Une propagation qui mettrait le département en souffrance.

Hier, alors que le collectif des salariés non syndiqués de Saint-Pierre votait la poursuite du débrayage qui devrait se prolonger au moins tout le week-end, le personnel de Notre-Dame d’Espérance, également groupe Elsan, décidait à son tour de se rebeller. Un courrier d’explications est ainsi rédigé à l’adresse des patients, tandis qu’une lettre de revendications est établie à l’attention de la direction. « Nous la remettrons en mains propres au directeur Julien Coulomb, mardi 12 juin à 10 heures », précise une représentante des salariés, appelant ce jour-là usagers et soignants à se rassembler sur le parking de Notre-Dame d’Espérance dès 9h30.

« On attendait des avancées, on n’a rien obtenu »

Les Charlotte de Saint-Pierre, prénom adopté par les 150 à 200 contestataires hommes et femmes de l’établissement de la route de Prades, ne sont pas surprises de voir leur colère sociale se propager.

Le collectif, qui avait fondé de réels espoirs sur la rencontre matinale d’hier fixée à l’inspection du travail, est ressorti déçu à l’issue de quatre heures de discussion. « On a été reçu par les deux DRH territoriale et locale du groupe qui sont venues sur le terrain de l’écoute, mais pas des négociations. Elles nous ont assuré de relayer nos requêtes auprès de notre directeur Pascal Delubac, mais elles n’avaient aucune marge de manœuvre », reproche la délégation. Qui n’a même pas eu le temps de développer l’ensemble des revendications du personnel.

Prochaine rencontre en début de semaine

« Nos interlocutrices ont axé le dialogue sur les salaires et malheureusement pas sur nos conditions de travail », poursuivent les représentants qui attendaient des avancées et regrettent de n’avoir rien obtenu. Pas même une nouvelle réunion en urgence. « On a proposé de se reparler dans l’après-midi d’hier, voire aujourd’hui ou dimanche, nous, on est totalement disponible. Mais pas elles. Elles ont refusé de nous revoir avant lundi ou mardi », dénoncent les protestataires qui devront donc encore patienter pour engager des pourparlers. D’ici là, la grève se poursuit et les réquisitions continuent de pleuvoir.

Corine Sabouraud (L’Indépendant, le 9 juin 2018)

Rassemblement de salariés de Notre-Dame d’Espérance

Infirmier(e) s, sages-femmes, brancardiers, agents de service (ASH), ils ont choisi leur métier par humanité et regrettent se retrouver aujourd’hui dans un secteur où la santé « est devenue une marchandise et les patients des clients ». Après ceux de Saint-Pierre, des salariés de Notre-Dame d’Espérance expriment ainsi leur ras-le-bol dans un courrier adressé aux usagers et remis mardi prochain à leur direction.

« Cette lettre est destinée à faire connaître les difficultés et le manque de reconnaissance dont souffre le personnel de la clinique Notre-Dame d’Espérance », annoncent d’emblée les contestataires en listant leurs doléances. Elles concernent « la division des effectifs présents en chirurgie les week-ends et jours fériés, la réduction constante de l’équipe d’entretien, l’absence d’agent de sécurité, l’absence d’agent d’entretien la nuit en salle de naissance, le manque de brancardier entre 19 heures et 10 heures du matin, aucun temps de relève entre équipes de nuit et de jour, une politique à zéro CDD, des demandes de formation rarement acceptées, pas de salle de repos… ».

Les protestataires, qui appellent à un rassemblement mardi sur le parking de l’établissement, dénoncent également des conditions financières « inacceptables : salaires en dessous des qualifications, des temps de relève payés 3 euros brut, des heures supplémentaires non rémunérées donnant droit à des heures de récupération dont les dates sont souvent imposées… ».

Résultat, concluent les salariés mécontents, « des équipes moralement épuisées par un groupe qui laisse planer le doute quant à l‘avenir de nos emplois ».

L’Indépendant, le 9 juin 2018

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