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Les cheminots bloquent Saint-Charles

Routes barrées, feux de palettes et de pneus : chaos hier matin au marché international.

Vendredi, 9h30. Une colonne de fumée noire s’élève au-dessus du marché international Saint-Charles. Un accident industriel ? Non. Deux cents cheminots en lutte contre la réforme ferroviaire qui bloquent le site en entretenant des feux de palettes et de pneus sur les voies.

Le rond-point d’Amsterdam, qui permet d’accéder au marché, est l’épicentre de l’insurrection. Mais, les contestataires ont également allumé des feux pour couper certains axes adjacents, comme l’avenue de Saint-Charles. Des salariés du rail officiant à Narbonne, Béziers et Carcassonne sont venus prêter main-forte à leurs confrères perpignanais.

Déterminés à poursuivre la grève

Entre les barrages enflammés, l’odeur de fumée et les détonations de pétards SNCF, une ambiance chaotique règne sur le site. Un baroud d’honneur pour les cheminots, qui en sont à leur 28e jour de grève ? « Certainement pas », répond Julien Berthélémy, de la CGT. « À travers cette action, on montre qu’on reste mobilisés et qu’on est prêts à continuer la grève au-delà du 28 juin si c’est nécessaire. Mise à part la reprise de la dette, on n’a avancé sur aucune de nos revendications Il n’y a rien dans le panier. On ne peut pas demander aux cheminots de reprendre le travail ! »

Pourtant, le taux de grévistes est en baisse. La CGT elle-même en convient (40% hier en Occitanie contre 60% début avril). Mais ce vendredi matin, à Saint-Charles, l’unité syndicale semblait toujours de rigueur. Des militants de la CGT, de Sud, de FO et de l’Unsa ont participé à l’action. « Il n’est pas question que nous quittions le mouvement », martèle Thierry Sergent, de l’Unsa ferroviaire. « Ce que le gouvernement propose ne nous convient toujours pas. »

Échanges d’amabilités

Tandis que les cheminots manifestent leur colère, derrière les grilles du marché international, quelques salariés du privé s’énervent. Les portes du site ont été fermées pour des raisons de sécurité. Mais cela n’empêche pas cheminots et employés bloqués de s’invectiver. « Toutes les entreprises du marché sont à l’arrêt, indique une salariée coincée derrière les grilles. Les camions ne peuvent ni entrer ni sortir. On ne peut pas travailler. Les marchandises qui doivent être affrétées ne peuvent pas l’être. Et ce sont des denrées périssables… La grève des cheminots est peut-être légitime, mais ce n’est pas en empêchant les gens de travailler qu’ils obtiendront gain de cause. » Montrer l’impact que la grève peut avoir sur l’économie était justement l’un des objectifs des cheminots. Ces derniers voulaient également démontrer les « méfaits » de l’ouverture à la concurrence, que la réforme entend mettre en place pour le transport de voyageurs. « Depuis l’ouverture à la concurrence du transport de marchandises, il y a une dizaine d’années, l’activité du secteur a diminué d’un tiers », souligne Julien Berthélémy. Et pendant ce temps, sur l’A9, plus de 10.000 camions passent chaque jour le col du Perthus…

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 9 juin 2018)

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