Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Travail. L’assurance-chômage, point sensible du nouveau projet de loi

La ministre dit vouloir « protéger » les salariés avec ces propositions.

Un an après la réforme du Code du travail destinée à « libérer » les entreprises, l’Assemblée ouvre le débat sur un nouveau projet de loi porté par Muriel Pénicaud, cette fois destiné à « protéger » les salariés en réformant la formation, l’assurance chômage et l’apprentissage.

L’exécutif promet des droits « plus importants et accessibles » pour les salariés, demandeurs d’emploi et certains jeunes, face à des opposants pas convaincus. Ce projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » « favorise l’émancipation sociale de nos concitoyens par le travail et l’acquisition de compétences », fait valoir Mme Pénicaud dans Le Figaro hier.

Allocations et démissionnaires

Parmi les mesures phares : une extension de l’allocation-chômage, sous conditions, à certains démissionnaires, une mue du compte personnel de formation (CPF), de nouvelles règles pour l’apprentissage.

Devant 66 articles et quelque 2.000 amendements, l’Assemblée a prévu un « temps législatif programmé » pour limiter globalement la durée des débats, sur cinq jours, avant un vote solennel le 19 juin.

Sujet sensible, l’assurance chômage : Aurélien Taché, meneur LREM de ce volet, vante une protection élargie « à tous les actifs », mais le résultat est jugé « très modeste » à gauche. L’élargissement de la couverture à certains démissionnaires ayant un projet professionnel, avec un droit mobilisable tous les cinq ans, vise à traduire une promesse de campagne, mais certains épinglent un « rétropédalage ». Muriel Pénicaud évoque de 20.000 à 30.000 bénéficiaires, sur environ 1 million de démissionnaires par an. Certains Marcheurs souhaiteraient ouvrir davantage ce « beau droit ».

La couverture sociale des travailleurs des plateformes numériques et d’autres catégories d’indépendants doit, elle, être ajoutée dans l’hémicycle.

« Un amendement déposé par le député Aurélien Taché prévoit que les plateformes contribueront au compte personnel de formation de ces travailleurs s’ils gagnent chaque mois l’équivalent d’au moins un demi-Smic », indiquait Mme Pénicaud hier.

Vers un bonus-malus ?

Sera aussi proposé à ces plateformes, pour « les sécuriser », de « formaliser dans une charte » leur relation avec les travailleurs, explique-t-elle. Une voie médiane entre l’absence actuelle de statut pour ces travailleurs, et le risque pour les plateformes de se voir imposer des embauches.

Face aux entreprises multipliant les contrats courts, le gouvernement laisse aux branches professionnelles le soin de négocier, mais brandit la menace d’un bonus-malus.

Autre sujet épineux : la mutation du financement et de la gouvernance du système, avec passage progressif de la cotisation sociale vers la CSG et cadrage budgétaire gouvernemental avant chaque négociation. Des élus de gauche, mais aussi LR, craignent une baisse des droits liée à une logique de réduction des dépenses de l’État.

L’indépendant, le 12 juin 2018

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64