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Migrants. Aquarius : la France prête à aider l’Espagne

Édouard Philippe a assuré hier que la France était « prête à aider » l’Espagne pour « accueillir » des migrants, 629 sont bloqués sur l’Aquarius en Méditerranée et refusés par l’Italie. « Nous sommes évidemment prêts à aider les autorités espagnoles pour accueillir et analyser la situation de ceux qui, sur ce bateau, pourraient vouloir bénéficier du statut de réfugié », a déclaré le Premier ministre devant l’Assemblée nationale, se disant « heureux » de la décision de l’Espagne d’ouvrir le port de Valence.

M. Philippe a en revanche « pointé le non-respect » par l’Italie de ses « obligations »,selon lesquelles l’État le plus proche d’un bateau en détresse doit le secourir.

L’Italie « a choisi de ne pas le faire et donc de méconnaître ses responsabilités », a relevé M.Philippe, alors que l’Aquarius se trouve au large de la Sicile. Le gouvernement italien lui, refuse de recevoir des « leçons hypocrites » de pays comme la France « ayant préféré détourner la tête » sur la question migratoire, a indiqué hier la présidence du Conseil.

« Les déclarations concernant (le navire humanitaire) Aquarius qui proviennent de la France sont surprenantes », selon cette note, qui souligne que « l’Italie ne peut accepter de leçons hypocrites de pays ayant préféré détourner la tête en matière d’immigration ». D’abord publié dans les médias italiens, mais non rendu officiellement public, le contenu de cette note a ensuite été confirmé par le Palais Chigi, le siège de la présidence du Conseil italien. Les migrants, eux, sont ballottés en Méditerranée depuis dimanche, et s’apprêtaient hier à affronter une nouvelle traversée en mer, d’au moins quatre jours, avant de toucher la terre ferme en Espagne.

La présidente de la Région, Carole Delga, s’est quant à elle fendue d’un communiqué appelant à « à l’action car il s’agit, avant tout, de la vie d’hommes, de femmes et d’enfants ». « Le drame humanitaire se poursuit en Méditerranée et nous ne pouvons, individuellement et collectivement, continuer à détourner les yeux face à une situation qui, hier comme aujourd’hui, déshonore l’Europe touteentière », indique celle qui se définit comme « dirigeante politique d’une région méditerranéenne ».

L’Indépendant, le 13 juin 2018

Échec

L’Europe va mal. L’affaire de l’Aquarius est là encore pour démontrer l’ampleur du malaise. L’Union est bloquée, à cours de solution pour dégager ce qui serait un intérêt commun et un réel partage des responsabilités. Sur la question des migrants, comme sur d’autres, l’impuissance affichée ouvre la porte aux égoïsmes nationaux et à leurs avatars : des partis politiques populistes et démagogiques, certes, mais qui s’assurent une popularité facile. Laissée seule face au problème depuis trop longtemps, l’Italie adhère à la décision brutale de ses dirigeants de refuser l’Aquarius. Tant pis si la ficelle politique est grosse, elle fonctionne. L’Europe ne peut pas se permettre de faire la morale sans agir à l’image d’un Emmanuel Macron qui condamne l’attitude des dirigeants italiens tout en laissant l’Espagne prendre la responsabilité de l’accueil des naufragés. Ce qui se passe en Méditerranée survient après la terrible crise grecque et alors qu’au plan international, les relations sont de plus en plus agressives. Aussi révoltante soit la situation sur l’Aquarius, elle est surtout le résultat de l’échec d’un projet politique. Celui de l’Europe.

Pierre Mathis (L’Indépendant, le 13 juin 2018)

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