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SNCF. Réforme votée mais la grève continue

Au terme d’une réunion quelque peu mouvementée au départ, l’intersyndicale CGT, CFDT, Unsa et SUD a appelé hier les cheminots à poursuivre le mouvement et à « maintenir la pression ». Dans le même temps, l’Assemblée nationale a voté en dernière lecture le projet de réforme avant le passage au Sénat aujourd’hui.

Les syndicats de cheminots CGT, Unsa et CFDT se sont réunis comme prévu hier afin d’étudier la proposition de cette dernière de suspendre le mouvement de grève les jours d’épreuves du Baccalauréat. Soit les lundi 18 et vendredi 22 juin.

Or, la réunion a été perturbée par une manifestation de SUD Rail. Une heure après le début de la rencontre, deux responsables du syndicat se sont joints à leurs homologues. Simultanément, à l’extérieur du bâtiment, devant lequel avaient pris position des forces de l’ordre, des militants ont clamé : « On est là même si vous le voulez pas, on est là pour l’avenir des cheminots et l’avenir de nos marmots » et « on ira jusqu’au retrait de la réforme ».

L’intersyndicale d’une même voix

En dépit de ce couac, l’intersyndicale CGT, Unsa, SUD et CFDT a néanmoins fini par parler d’une même voix hier soir. Et elle a sans ambiguïté appelé les cheminots à continuer le mouvement contre la réforme ferroviaire.

Les quatre syndicats ont engagé « les cheminots à maintenir la pression sur les prochaines séquences de grève » et « à se mobiliser massivement sur la journée du 28 juin afin d’affirmer qu’ils restent déterminés si le gouvernement joue le jeu irresponsable du pourrissement », a souligné Laurent Brun (CGT Cheminots) au terme de la réunion.

Il a en outre affirmé que si la rencontre tripartite de vendredi s’avérait « improductive, de nouvelles mobilisations seront programmées ».

Dans le même temps, et comme prévu là aussi, la réforme ferroviaire a été définitivement votée hier en dernière lecture à l’Assemblée nationale avant son passage par le Sénat ce jeudi.

C’est par 452 voix contre 80 qu’a été entériné ce projet de réforme ferroviaire qui prévoit la casse en bonne et due forme du service public, à travers notamment la transformation de la SNCF en société anonyme, l’ouverture à la concurrence prévue au niveau européen et la suppression de l’embauche au statut dans l’entreprise historique.

« Pacte LR-LREM » au détriment des cheminots

La plupart des députés LR et UDI-Agir ont joint leur vote à celui de la majorité présidentielle en faveur du texte. Tandis que les trois groupes de gauche (socialistes, communistes et insoumis) ont une énième fois refusé d’accorder « un chèque en blanc » au gouvernement et ont dénoncé « le premier temps d’une privatisation ». À l'image de leur position initiale, lors de l’examen en première lecture mi-avril.

Le Sénat étant dominé par une large majorité de droite, le texte devrait sans surprise subir le même sort aujourd’hui dans l’hémicycle de la chambre haute. D’autant que députés et sénateurs sont tombés d’accord sur une version commune lundi en commission mixte paritaire. Pour la gauche « un pacte LR- LREM » a été scellé au détriment des cheminots.

Cheminots qui observaient hier leur trentième jour de grève depuis le 3 avril. Ce qui en fait désormais la plus longue des trente dernières années à la SNCF.

La Marseillaise, le 14 juin 2018

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