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Pauvreté. Inégalité des chances : lIe rapport inquiétant

Six générations pour gravir l’échelon social.

« Il n’y a plus de mobilité sociale dans les pays de l’OCDE : les revenus, la profession, le niveau d’éducation se transmettent d’une génération à l’autre », a résumé Gabriela Ramos, conseillère spéciale de l’OCDE.

La France, où Emmanuel Macron doit annoncer une stratégie de lutte contre la pauvreté ambitionnant d’enrayer le « déterminisme social », fait moins bien que la moyenne. Comme en Allemagne et au Chili, il faudrait six générations, soit « 180 années » selon Gabriela Ramos, pour qu’un descendant d’une famille en bas de l’échelle des revenus (les 10% les plus bas) se hisse au niveau moyen de son pays.

Les bons élèves du nord

En moyenne dans 24 pays de l’OCDE, cinq générations seraient nécessaires. Encore pire, il faudrait neuf générations au Brésil et en Afrique du Sud, et onze en Colombie. En revanche, au Danemark et dans les autres pays nordiques (Norvège, Finlande, Suède), deux ou trois générations suffiraient, selon le rapport.

C’est en bas et en haut de l’échelle sociale qu’il y a le moins de mobilité. En moyenne dans 16 pays de l’OCDE, 17% seulement des enfants d’origine modeste réussissent à se hisser en haut de l’échelle des revenus une fois adultes, tandis que 42% des enfants de familles aisés réussissent à y rester. En revanche, il est moins prononcé en Espagne, en Grèce et au Portugal, où beaucoup de progrès ont été faits dans l’accès à l’éducation, et au Danemark.

Pas de fatalité

L’inégalité des chances ne concerne pas seulement les revenus du travail mais aussi la profession, l’éducation et l’état de santé.

Les enfants de cadres sont deux fois plus susceptibles de devenir cadres eux-mêmes que les enfants de travailleurs manuels : 27% de ces derniers y parviennent en France, chiffre proche de la moyenne de l’OCDE.

17% seulement des enfants de parents faiblement diplômés (12% en moyenne dans l’OCDE) font des études supérieures, comparé à plus de 60% des enfants de parents ayant étudié dans le supérieur. « Le manque de mobilité sociale n’est pas une fatalité, nous pouvons faire mieux. Avec des politiques mieux adaptées, on peut renforcer l’égalité des chances (...) », a ajouté Gabriela Ramos.

L'Indépendant, le 16 juin 2018

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