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En 2017, 68 millions de personnes déracinées

À la veille de la journée mondiale des réfugiés, l’agence des Nations Unies consacrée à cette question, le HCR, publie ses statistiques annuelles. En 2017, le nombre de personnes déracinées a atteint 68 millions. Soit 2,4 millions de plus que l’an dernier.

Plus de 68 millions de personnes déracinées en 2017. A la veille de la journée mondiale des réfugiés, le Haut Commissariat des Réfugiés (HCR) présente son rapport statistique annuel. L’an dernier à la même époque, le HCR déplorait que le nombre de déracinés avait atteint « le plus haut niveau depuis des décennies ». Ce « record » était de 65,6 millions. Il a donc de nouveau été tristement battu.

Le nombre de personnes devenues déracinées sur la seule année 2017 atteste de l’ampleur du mouvement : 16,2 millions. « Cela représente 44.500 personnes déracinées par jour ou une toutes les deux secondes » illustre de manière explicite le Haut commissariat.

« Le HCR n’utilise pas le terme "migrants" concernant les personnes qui ont été contraintes de fuir », précise l’agence des Nations Unies. Une précision importante à l’heure où l’Europe procède souvent à de nombreux raccourcis sur le sujet, oubliant que les réfugiés sont protégés par des convention internationales. Le rapport souligne d’ailleurs que le nombre de demandeurs d’asile qui était toujours en attente de l’obtention d’un statut de réfugiés au 31 décembre 2017 « a augmenté d’environ 300.000 pour atteindre 3,1 millions ».

Ce rapport est également l’occasion de tordre le cou à un certain nombre d’idées reçues. Celle qui voudrait par exemple que les personnes déracinées trouvent refuge dans l’hémisphère nord. « Les statistiques prouvent l’inverse », affirme le rapport : « quatre réfugiés sur cinq demeurent dans des pays frontaliers ». Des pays souvent pauvres et qui ne sont pas soutenus par la communauté internationale pour faire face au problème. La Turquie demeure le premier pays d’accueil en valeur absolue. Il affiche en effet une population de 3,5 millions de réfugiés, principalement des Syriens. Mais le Liban reste aussi le premier pays d’accueil en regard de sa population. L’essentiel des personnes déplacées ne franchissent cependant pas de frontière. Près de deux tiers des 68 millions recensés par le HCR sont en effet des déplacés internes qui n’ont pas quitté leur pays.

Si environ 5 millions de personnes ont pu rentrer chez elles en 2017, « nombre d’entre elles ont été rapatriées sous la contrainte ou ont retrouvé des conditions précaires », déplore le rapport.

Un nouveau pacte mondial bientôt adopté par l’ONU

« Nous nous trouvons à un moment décisif où la réponse appropriée aux déplacements forcés à travers le monde exige une approche nouvelle et plus globale afin que les pays et les communautés ne soient plus laissés seuls face à ces situations », commente le haut commissaire des Nations Unies aux Réfugiés Filippo Grandi. Il annonce l’adoption prochaine d’un nouveau pacte mondial pour les réfugiés par l’Assemblée générale des Nations Unies. « Aujourd’hui, à la veille de la journée mondiale du réfugié, je m’adresse aux Etats membres pour leur demander d’appuyer cette approche », plaide encore Filippo Grandi. Et d’insister : « Personne ne devient un réfugié par choix, mais chacun de nous peut choisir comment aider ».

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 19 juin 2018)

Repères

16,2 millions de personnes ont dû fuir leur foyer pour la première fois en 2017. Un record dans les statistiques du Haut Commissariat aux Réfugiés.

85% des réfugiés vivent dans les pays en développement dont beaucoup sont désespérément pauvres et ne reçoivent qu’un appui limité pour faire face.

1/5 des réfugiés ayant dû fuir leur pays sont des Palestiniens. Les autres proviennent de Syrie, d’Afghanistan, du Soudan du Sud, du Myanmar et de Somalie.

La Marseillaise, le 19 juin 2018

Aquarius. La moitié des naufragés désireux de rejoindre la France

« Quasiment la moitié des migrants ont manifesté leur volonté de demander l’asile en France, pays ayant offert d’accueillir une partie des personnes voyageant sur le navire », a communiqué hier le gouvernement espagnol, au lendemain du débarquement sur ses côtes de l’Aquarius. Au terme d’un périple d’une semaine, qui s’est avéré « extrêmement compliqué », comme le souligne Francis Vallat, président de SOS Méditerranée France, se pose en effet la question de l’avenir de ces réfugiés, au demeurant « traumatisés ».

Après être demeurée singulièrement muette au plus fort de la crise, et à la suite du tollé suscité par cette posture, la France avait formulé une proposition d’accueil.

La « générosité » ayant ses limités, elle a néanmoins précisé que l’offre ne s’adresse qu’à ceux qui « relèvent bien du droit d’asile ». Pour s’en assurer, une mission de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) devrait se rendre sur place dans les jours à venir.

Nombreux sont ceux à se réjouir qu’aucune victime n’ait été à déplorer au cours du long et périlleux trajet imposé à l’Aquarius, mais l’idée perdurera que celui-ci aurait pu être évité. Son arrivée à Valence et l’épisode récent soulèvent d’autres interrogations parmi lesquelles son éloignement de la zone de sauvetage. Et plus largement la marge de manoeuvre dont disposeront à l’avenir les ONG en Méditerranée centrale. Un point sur lequel « nous sommes en train de réfléchir, y compris avec Médecins sans frontières », indique Francis Vallat. Et d’ajouter : « Peut-être pas immédiatement, mais nous y reviendrons car notre mission est de sauver, protéger et témoigner. »

La Marseillaise, le 19 juin 2018

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