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SNCF. Il n’y aura pas de grève unitaire en juillet

Une mobilisation qui s’est étiolée au fil des mois.

Terminus pour la grève unitaire à la SNCF: l’Unsa a décidé hier de sortir du mouvement après le 28 juin, refusant de poursuivre en juillet la contestation de la réforme ferroviaire, au contraire de la CGT et SUD, qui s’acheminent vers une grève les 6 et 7 juillet.

« L’Unsa ne continuera pas la grève en juillet » mais « va rester » dans la mobilisation « jusqu’au 28 juin, conformément à son engagement intersyndical », a annoncé son secrétaire général Roger Dillenseger.

La CFDT se décidera « d’ici au 28 juin », qui sera le 36e et dernier jour du calendrier de la mobilisation par épisodes de deux jours de grève sur cinq, lancée le 3 avril.

A l’Unsa, « on reste combatif pour la défense d’un nouveau pacte social ferroviaire », a souligné Roger Dillenseger, évoquant les négociations à venir sur la convention collective nationale (CCN) de la branche ferroviaire et celles au sein de la SNCF. Mais « notre stratégie, c’est de peser sur les négociations », pas sur « les grands départs en vacances », a-t-il expliqué à l’issue d’une intersyndicale qui s’est tenue en début de soirée.

Le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun, estime, lui, que « la bataille ne fait que commencer », car « le gouvernement n’a pas apporté de garanties suffisantes », notamment pour « la relance du fret » ou en matière de « garanties sociales pour les cheminots ».

La CGT est toujours déterminé à poursuivre la grève en juillet. Si la date du 2, un temps évoquée, ne paraît pas possible « au regard de la loi sur le service public », en revanche « les 6 et 7 juillet », qui coïncident avec le début des vacances scolaires, « sont toujours d’actualité », a indiqué Laurent Brun. Le syndicat réunira mercredi sa commission exécutive pour décider des modalités de la poursuite du mouvement. SUD-Rail non plus « ne tourne pas la page » et veut « continuer la mobilisation pour peser » sur les prochaines négociations, a déclaré  son porte-parole, Erik Meyer, à la sortie de l’intersyndicale. Et si « l’annonce d’un calendrier de grève au long cours est hors de question », en revanche « les 6 et 7 juillet sont des dates qui sont sur la table », a-t-il dit, souhaitant « l’unité syndicale la plus large, à deux, à trois, à quatre ».

Discipline rompue

La CFDT Cheminots suivra-t-elle ? « La balle est dans le camp de la SNCF », a résumé son secrétaire général Didier Aubert, qui attend de sa part « un geste fort ». Son syndicat se déterminera « en toute autonomie », mais « s’il n’y a pas de bouger à la SNCF, le sujet se posera », a-t-il averti, jugeant que cette « unité syndicale peut très bien être reconstruite assez rapidement ». « L’unité syndicale n’est plus aussi forte, pour autant on reste dans l’unité d’action », a souligné Roger Dillenseger. Pourtant, en annonçant la première son départ du mouvement, l’Unsa a rompu avec la discipline unitaire qu’elle avait jusqu’alors observée.

L’Indépendant, le 20 juin 2018

Essoufflement

La longue grève de la SNCF se délite-t-elle tout doucement ? Confrontés à l’absence d’issue, s’appuyant sur les quelques concessions obtenues et sous la pression des vacances d’été, les syndicats dits « réformistes » commencent à prendre du recul par rapport au mouvement. L’Unsa ne fera pas grève en été, la CFDT temporise et seule la CGT a décidé d’appeler à l’action les 2, 6 et 7 juillet. Déjà la perspective des épreuves du baccalauréat avait provoqué des hésitations chez les cheminots. Ce scénario était-il écrit ? C’est en tout cas celui sur lequel pariait le gouvernement. L’idée que la fermeté finirait pas payer sur le long terme était la sienne depuis le début de la séquence. Dans l’affaire, ce sont les usagers qui doivent prendre leur mal en patience et se préparer à un été marqué par des perturbations, plus ou moins fortes selon l’état du front syndical. L’opinion, en tout cas, semble s’être fait une raison. Si 58% des Français trouvent le mouvement injustifié -un indicateur qui change assez peu- ils sont en revanche 81% à être persuadés que le gouvernement ira jusqu’au bout. Probablement l’élément le plus important depuis le début du conflit.

Pierre Mathis (L’Indépendant, le 20 juin 2018)

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