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La pauvreté, cette servitude !

Dans le droit fil des saillies de la droite et de l’extrême droite, le président de la République tente d’instiller l’idée qu’on donne trop d’argent aux… pauvres. Des bas salaires, de la mise au chômage, de la précarité de l’emploi, des petites pensions de retraites pas plus que de la maladie, causes de la pauvreté, il n’en est jamais question. Comme si les pauvres étaient responsables de ce qui leur arrive et dilapidaient en plus l’argent qu’on leur donne, puisqu’ils ne s’en sortent pas !

Or, les dépenses publiques pour faire face à la pauvreté équivalent à 25 milliards d’euros, soit un petit pour cent des richesses produites. Le niveau de vie des 10% les plus riches est 24 fois supérieur à celui des plus démunis.

La solidarité nationale, bien que très imparfaite, contribue à ce que la société puisse fonctionner et ne devienne une jungle. Aucune activité n’y serait possible, à commencer par la production de richesses. Ce serait un retour à l’ère des barbares. En réalité, le combat contre la pauvreté n’est pas acte de charité mais de justice. Son niveau indique le degré de civilisation et celui à atteindre, avec une autre répartition de ses richesses au profit du travail et non plus du capital financier, d’une sécurité sociale du travail, de la formation et de l’accès au logement et à la santé.

Au lieu de cela, nous sommes astreint à être les spectateurs d’une communication présidentielle cynique qui se gargarise de mots vidés de leur contenu pour camoufler la réalité d’une politique de destruction patiente de toutes les solidarités. Ainsi en va-t-il de « l’émancipation », convoquée désormais dans la propagande élyséenne contre la solidarité et renvoyée, contre toutes les traditions politiques et philosophiques de gauche, à la seule réussite individuelle. Cette dernière vient justifier que « le pognon de dingue » serve à réduire l’impôt sur le capital, supprimer celui sur la fortune pour les actifs financiers. A elle seule, la suppression de la modeste « exit-tax » représente un manque à gagner de six milliards d’euros, soit le quart des aides sociales censées prévenir la pauvreté !

Après le hold-up up des mots « progrès » ou « révolution », nous pouvons nous risquer à une définition du macronisme : une politique de classe au service des puissants, une violence antisociale des plus brutales noyée dans la démagogie verbale. Le zèle avec lequel ce gouvernement attaque les plus fragiles n’a d’égal que son silence sur les dividendes record qui confortent l’oisiveté des plus riches et sa cécité volontaire sur la fraude et l’évasion fiscale qui représentent près de quatre fois les aides aux plus démunis.

Les politiques de solidarité sociale, fiscale, en matière de logement ou d’aménagement du territoire sont essentielles à l’efficacité économique qui elle même a besoin d’efficacité sociale et environnementale, à moins de considérer comme semble le faire ce gouvernement que les inégalités et injustices doivent régir la vie en commun. L’idée présidentielle de « responsabiliser » les plus pauvres en dit long sur sa philosophie, la semaine même où l’ancien PDG de Carrefour se voyait offrir 13 millions en guise de retraite quand son groupe supprimait 2.400 postes de travail. Arroser le capital de ressources publiques en faisant croire qu’ainsi des emplois seront créés, tout en demandant des comptes aux plus en difficulté, en détournant les yeux des exilés, montre exactement quels intérêts sert ce pouvoir et qui il entend surveiller et contrôler !

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 21 juin 2018)

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