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Occitanie. L’heure des comptes à la Région : une fronde contre l’État

La session plénière avait lieu hier au parc des expositions de Montpellier.

Au menu de la session plénière du conseil régional hier à Montpellier : le compte administratif 2017. Plutôt indigeste à première vue, mais sa présentation par la présidente de Région a, d’entrée, pris un tour politique. L’occasion pour Carole Delga d’insister sur la « solidarité » qui guide la politique de la majorité régionale et de provoquer une nouvelle salve de sifflets des élus du Rassemblement national au moment d’évoquer la crise des migrants et de l’Aquarius. L’occasion également de revenir sur les choix économiques de la Région. « Avec 205 euros d’investissement par habitant, nous sommes la première région en France ; tout en étant la deuxième région la moins endettée de France. Ces investissements sans précédent dans l’histoire de ce territoire sont le résultat de choix politiques assumés et aussi le résultat d’économies concrètes. »

En 2018, elles représentent 21M€, obtenues notamment grâce à de meilleurs taux d’intérêt ou encore la diminution de 13 M€ sur la convention TER et la maintenance des trains. « Le rapport financier pour 2017 confirme que notre région est bien gérée et avance vite », se félicite ainsi la présidente Carole Delga avant d’insister sur les investissements : « Un milliard d’euros en faveur des lycées, des transports, des entreprises et de l’innovation. » Des investissements autofinancés à 70 %. « Notre dette reste à 310 euros par habitant contre 400 euros en moyenne pour les autres régions. Nous faisons preuve d’un sens de la responsabilité collective que l’État semble ignorer », continue cette dernière en revenant sur son choix de ne pas contractualiser avec l’État sur la hausse maîtrisée des dépenses de fonctionnement.

350 M€ de crédits d’État en attente

« L’État impose sa vision unilatérale, sans concertation et sans contrepartie valable », estime-t- elle. Si la Région Occitanie respecte bien la hausse maximum imposée, c’est par conviction politique qu’elle a décidé de ne pas signer. Et aussi pour prendre ses distances vis-à-vis du gouvernement. « Parce qu’en Occitanie plus de 350 M€ sont en attente de l’engagement des crédits de l’État, soit une dizaine d’opérations routières et ferroviaires bloquées ou en grande difficulté ». Des investissements attendent également dans le cadre du plan littoral 21. « Je propose un contrat État/Région équilibré adapté aux réalités économiques et sociales de notre territoire pour amener une agilité de la réponse publique et garantir la croissance », a défendu Carole Delga.

Sur le plan administratif, les dépenses de fonctionnement de la région ont augmenté de 25% en 2017 suite au transfert des compétences économie et transports, celles concernant les investissements sont en hausse de 4,3%. À noter, une volonté de « revaloriser le régime indemnitaire des agents » tandis que les indemnités des élus ne bougent pas. Une décision administrative mais à forte portée politique.

Estelle Devic (L’Indépendant, le 23 juin 2018)

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