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Turquie. Une délégation d’observateurs du PCF arrêtée

Alors que le président turc Erdogan était annoncé en tête hier soir des résultats partiels des élections présidentielle et législatives, la sénatrice communiste Christine Prunaud et deux militants du PCF, venus observer le déroulement du scrutin dans la ville d’Agrin, ont été arrêtés. Ils ont été relâchés après le vote.

« Le pouvoir turc veut étouffer toutes les voix qui dénoncent les fraudes massives à l’œuvre ». Le PCF a vigoureusement dénoncé hier l’arrestation arbitraire de sa délégation venue observer le déroulement des élections présidentielle et législatives à l’appel du principal parti pro-kurde, le HDP. « Nous avons été arrêtés à 10h30 et retenus à la gendarmerie jusque 17 heures, à la fin des opérations de vote. On nous a dit qu’il n’y aurait pas de poursuites contre nous car notre présence n’était pas délictuelle », a expliqué Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin. La délégation, composée également de Christine Prunaud, sénatrice des Côtes d’Armor, et Pascal Torre, membre du secteur des Relations Internationales au PCF, s’était rendue dans deux bureaux de vote et revenait en ville quand elle a été interpellée. « On nous a emmenés à la gendarmerie pour vérifier nos identités puis on nous a demandé ce qu’on faisait là, pour quelle organisation on travaillait », a raconté Hulliya Turan. « Ils avaient du mal à admettre qu’on était juste là pour observer les élections », a-t-elle ajouté. La délégation a été laissée libre de poursuivre son séjour en Turquie, a-t-elle précisé. C’était « une mission d’observation de nature citoyenne comme cela se fait dans d’autres pays », pour s’assurer qu’aucune fraude n’était commise car « il y a eu des doutes lors des précédentes élections », et « on n’a pas du tout caché la raison pour laquelle ils se rendaient sur place », a déclaré à France-info le secrétaire national du PCF et sénateur, Pierre Laurent. « Cette attitude des autorités turques montre leur grande fébrilité ». En comptant les Turcs de la diaspora, quelque 59 millions d’électeurs étaient appelés à voter pour ce double scrutin présidentiel et législatif. Il doit marquer le passage du système présidentiel en vigueur à un régime hyper-présidentiel voulu par Erdogan. Pour stopper cette course folle de l’autocrate, trois partis ont noué une alliance inédite pour les législatives: le CHP (social démocrate), Iyi (nationaliste) et le Saadet (islamiste). Et ce avec l’appui du HDP dont le candidat Selahattin Demirtas a été contraint de faire campagne depuis une prison où il est détenu depuis 2016. L’un des facteurs déterminants de ce double scrutin est précisément le vote de l’électorat kurde. Si le HDP franchit le seuil de 10% des voix lui permettant d’entrer à l’Assemblée, le parti d’Erdogan l’AKP pourrait perdre sa majorité parlementaire. D’où les fortes craintes de fraudes massives notamment dans le sud-est du pays où les opposants à Erdogan ont dénoncé des irrégularités.

Hier soir, après dépouillement de plus de 40% des bulletins, Erdogan était en tête du scrutin présidentiel avec environ 57% des voix.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 25 juin 2018)
 

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