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Migrants. Un accord qui « ne règle en rien » la crise

Un compromis conclu dans la douleur pour la France et l’Allemagne.

Les Européens sont encore loin d’avoir résolu les querelles sur les migrations après leur accord conclu dans la douleur hier à Bruxelles, qui soulève de nombreuses questions sur sa mise en pratique et de sévères critiques alors qu’un nouveau drame hier au large des côtes libyennes a rappelé l’urgence de trouver des solutions durables : trois bébés sont morts et une centaine de personnes sont portées disparues après le naufrage d’un canot pneumatique. Les pays d’Europe centrale, les plus hostiles à l’accueil de migrants, ont crié victoire à l’issue du sommet en soulignant qu’il n’y avait aucune mesure d’accueil obligatoire dans le compromis. « L’Italie n’est plus seule », s’était finalement réjoui le chef du gouvernement populiste italien Giuseppe Conte après les « conclusions » du sommet approuvées à l’unanimité au bout de 9 heures de tractations tendues.

« C’est un accord pour cons- truire, il ne règle en rien la crise que nous vivons », a admis le président français E. Macron, tandis que la chancelière allemande A. Merkel a reconnu que les Européens n’étaient « pas encore au bout du chemin ».

Plateformes de débarquement

L’accord politique était « en fait la partie la plus facile de la tâche, comparé à ce qui nous attend sur le terrain, quand nous commencerons à appliquer » les propositions, a-t-il admis. L’accord des 28 propose notamment d’explorer une « nouvelle approche » controversée avec la création de « plateformes de débarquements » de migrants en dehors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée, où les 28 ont appelé les ONG à « ne pas entraver les opérations des garde-côtes libyens ».

« Les seules composantes sur lesquelles les Etats européens semblent s’être mis d’accord sont, d’une part, le blocage des personnes aux portes de l’Europe […] et d’autre part, la diabolisation » des ONG faisant du sauvetage en mer, a déploré la responsable des urgences pour MSF.

Pour les migrants secourus dans les eaux européennes, des « centres contrôlés » sont proposés dans le texte -et non « fermés » comme le souhaitait la France-, que les États membres mettraient en place « sur une base volontaire ».

« Il est clair que la relocalisation des migrants ne pourra pas s’effectuer sans l’accord préalable et le consentement des pays concernés », s’est félicité le Premier ministre hongrois Viktor Orban, estimant que « la Hongrie restera un pays hongrois et ne deviendra pas un pays de migrants ». C’est un « immense succès », a renchéri son homologue polonais Mateusz Morawiecki.

L'Indépendant, le 30 juin 2018

Solidarité

Un nouveau naufrage dramatique s’est produit, hier, au large des côtes libyennes. Une centaine de personnes portées disparues. Des hommes, des femmes et trois bébés. Dans le même temps, Emmanuel Macron annonce que la France n’ouvrira pas de centres d’accueil pour migrants, un principe adopté quelques heures plus tôt à l’issue d’un sommet européen chaotique. Après des heures de négociation et un nouveau refus de l’Italie de se retrouver seule face au problème, un accord avait pourtant été trouvé. Et très vite remis en cause. Par les pays de l’Est qui refusent le principe des quotas. Par la France qui ne se sent pas concernée. Nous l’étions pourtant tous, il y a quelques jours à peine alors que des images chocs témoignaient du traitement des enfants de migrants aux États-Unis. Une protestation planétaire qui a fini par faire reculer Trump. Aujourd’hui, ces enfants de migrants meurent à nos portes et nous continuons de fermer les yeux. Faudra-t-il que l’indignation vienne du monde entier pour que nous réagissions enfin et que nous retrouvions un semblant de solidarité ?

Estelle Devic (L'Indépendant, le 30 juin 2018)

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