Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Pour SOS Méditerranée, la Libye est devenue le cauchemar des migrants

À l'occasion de l'escale de l'Aquarius affrété par SOS Méditerranée, le président de cette association humanitaire a commenté les décisions de l'UE et le sort des migrants en Libye.

« Il n’est pas question de nous ici, mais de savoir comment nous allons respecter le droit maritime international, dans un contexte extraordinairement changeant et confus » entame Francis Vallat, le président de l’association européenne SOS Méditerranée, entouré des responsables de la structure et d’une partie de l’équipage ayant effectué la dernière « rotation ».

L’association a tenu une conférence de presse samedi après-midi à La Criée, au lendemain de l’arrivée de l’Aquarius à Marseille pour « une escale technique », et du dernier sommet de l’union européenne censé répondre à la « crise des migrants ». Cette rotation a été « inutilement dangereuse », à cause du refus de Malte et de l’Italie d’accueillir le navire, celui-ci a du mettre le cap vers Valence, en Espagne, pour permettre à ses 630 rescapés de débarquer « dans un port sûr » résume Frédéric Penard, le chef des opérations. Cinq jours de plus hors de sa zone d’intervention, et ce matin encore, « un nouveau naufrage », avec une centaine de disparus.

Débarquer dans « un port sûr, c’est toute la différence entre un sauvetage et une interception », rappelle Max Avis. « Un sauvetage en mer, c’est passer d’une situation de danger à la sécurité d’un port sûr, une interception -comme celles réalisées par les gardes-côtes libyens- c’est passer d’une situation de danger à une situation encore plus dangereuse ! »

« Créer un modèle de sauvetage européen »

Des « tirs d’AK47 » qui retentissent autour des esquifs lors d’un sauvetage, aux innombrables témoignages recueillis par l’équipe soignante et les marins auprès des rescapés sur « les violences, les abus sexuels, les viols, les cas de tortures avérés, les coups, des conditions de détention inhumaine, jusqu’à la mise en esclavage » décrivent tour à tour, David Berverluis, médecin sans frontière, Nicola Stalla, le coordinateur des sauvetages ou Alois Vimard, coordinateur de MSF.

Vente d’esclaves, qui le mois dernier, encore, était « fermement condamné par la communauté européenne » rappelle l’association.Alors que dire, lorsque « nous nous sommes aperçus, hier, qu’une nouvelle zone de sauvetage avait été créée avec pour ville coordinatrice Tripoli ! » pose Sophie Beau, la directrice générale de SOS Méditerranée. « Nous pensions que la réunion des dirigeants européens allaient répondre à la nécessité de coordonner les secours et de mettre au point un modèle de sauvetage européen… » et, au lieu de ça, « les européens apportent un soutien inconditionnel aux gardes-côtes libyens… ». Impensable, selon les militants humanitaires. « Ces gens fuient la Libye, ils demandent à être secourus », et ce n’est certainement pas en Libye, qu’ils trouveront « un port sûr ».

« Nous sommes dans le flou », poursuit Sophie Beau, « nous sommes obligés de prendre le temps ». Comment répondre à un appel de détresse et où débarquer les rescapés, est une question qui se pose à tous les bâtiments et navires de Méditerranée, et pas seulement à l’Aquarius. Dans tous les cas, « cela ne nous décourage pas, nous allons reprendre la mer, le plus tôt possible » conclut Francis Vallat.

La Marseillaise, le 2 juillet 2018

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64