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Catalogne. Six prisonniers indépendantistes transférés dans des prisons

Depuis huit mois, neuf dirigeants catalans sont en détention préventive.

Hier en milieu d’après-midi, la nouvelle parvenait au palais de la Generalitat de Catalogne : six des neuf dirigeants politiques catalans incarcérés depuis huit mois et plus, dans plusieurs prisons madrilènes étaient sur le point d’être transférés vers des prisons catalanes. L’ordre venu du ministère de l’intérieur espagnol a été communiqué à la conselleria (ministère) de la justice de la Generalitat, par la secrétaire générale des établissements pénitentiaires espagnols qui s’est enquis des destinations carcérales des prisonniers.

A Figueres et Sant Joan de Villatorrada

L’ex vice-président de la Generalitat Oriol Junqueras, l’ex « conseller » (ministre) des affaires extérieures Raül Romeva, ainsi que les deux dirigeants de l’ANC et Omnium Cultural, Jordi Sánchez et Jordi Cuixart seront conduits à la prison de Lledoners, à Sant Joan de Vilatorrada, près de Manresa, et à moins d’une heure de Barcelone. L’ancienne présidente du Parlement de Catalogne Carme Forcadell a finalement choisi de continuer à partager sa détention provisoire avec l’ex responsable de la « conselleria » du travail Dolors Bassa à la prison de Figueres, la famille de cette dernière vivant à Torroella de Montgrí, soit à moins de 30 minutes. Selon le journal El País, qui cite des sources proches du gouvernement central, l’opération sera probablement effectuée en trois étapes : les six détenus provenant de trois prisons madrilènes différentes seraient d’abord regroupés dans un centre de détention unique, avant de voyager ensemble à bord d’un fourgon conduit par les agents spécialisés de la Guardia civil, jusqu’à la prison de Zuera (Aragon), relayés à cet endroit par des agents de la Guardia civil de Barcelone qui conduiraient les six prisonniers jusqu’à la prison barcelonaise de Brians 2. La compétence carcérale dépendant exclusivement de l’administration autonome catalane, ce sont les Mossos d’Esquadra qui achemineront ensuite les détenus vers la prison de Lledoners et les deux femmes vers celle de Puig de les Basses, à Figueres.

Les trois autres dans l’attente

Les trois « prisonniers politiques » encore reclus à la prison madrilène d’Estremera -Joaquim Forn (ex-responsable du ministère de l’intérieur catalan), ainsi que Jordi Turull et Josep Rull (ex-membres du gouvernement destitué du président Puigdemont, réélus députés le 21 décembre dernier), attendaient hier le feu vert du juge du Tribunal Suprême, Pablo Llarena, avant d’être transférés à leur tour en Catalogne.

Les neuf leaders et élus indépendantistes accusés par le juge Llarena de rébellion, sédition et malversation de fonds publics, devront attendre leur procès en prison préventive, le magistrat espagnol considérant que, confrontés à la possibilité d’être condamnés à des peines de 25 à 30 ans de prison, ces derniers pourraient être tentés de fuir le pays et de rejoindre l’ex président de la Generalitat Carles Puigdemont, et les anciens membres de son gouvernement (Toni Comín, Clara Ponsatí, ou la députée d’ERC Marta Rovira) en exil. Parmi les expatriés, seuls Lluís Puig et Meritxell Serret, finalement accusés seulement de malversation et de désobéissance, encourent les peines les moins graves. On ne connaît pas encore la date du procès, qui pourrait se dérouler en novembre, voire en janvier prochains. En attendant d’être jugés, vendredi dernier, le magistrat a astreint les inculpés à verser -avant demain, dernier délai- une caution collective de 2,1 millions d’euros : la somme qui, aux yeux du juge d’instruction aurait été dépensée pour organiser le référendum du 1er octobre. Faute de quoi, leurs biens seront séquestrés.

Joana Viusà (L’Indépendant, le 3 juillet 2018)

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