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Catalogne. Malgré le dégel, Quim Torra inflexible sur l’indépendance

Pedro Sànchez, nouveau chef du gouvernement, a reçu le président de la Generalitat.

Optimisme, satisfaction, voire euphorie : c’est l’impression positive qui se dégageait hier à l’issue de l’entretien en tête-à-tête organisé au palais de la Moncloa de Madrid entre le chef de l’exécutif espagnol Pedro Sánchez et le président de la Generalitat Quim Torra.

L’offensive de charme a débuté par une promenade dans les jardins du palais de la Moncloa, au cours de laquelle Quim Torra a confié à Pedro Sánchez qu’il souhaitait visiter la fontaine où le poète andalou Antonio Machado (enterré à Collioure) faisait la cour à sa muse, la poétesse Pilar de Valderrama.

Puis, une fois terminé l’entretien de 2h30, le président du gouvernement lui-même, a souligné dans un tweet écrit en langue catalane le changement de cap fondamental qu’il entend mettre en œuvre : « (Face) à une crise politique, (il faut) une solution politique ! ».

Quim Torra a ouvert la conférence de presse à Madrid, par ces mots c’est « le président Carles Puigdemont qui devrait se trouver à ma place aujourd’hui ».

Quoi qu’il en soit, le président de la Generalitat s’est dit littéralement « charmé » par les manières du nouveau chef de la présidence du gouvernement espagnol, si résolument différentes de celles de son prédécesseur Mariano Rajoy, droit dans ses bottes de gardien de la Constitution.

« J’ai pu parler de tout ! » s’est-il exclamé. « La réunion a eu un caractère à la fois, institutionnel et de travail, et s’est déroulée dans une ambiance de cordialité, d’empathie, et de franchise. J’ai particulièrement apprécié la qualité d’écoute du président Sánchez et le fait qu’il prenait des notes ! »

Quim Torra a offert deux livres à Pedro Sánchez, dont l’un de paysages du Val d’Aran, une terre occitane enclavée en Catalogne, où le chef du gouvernement espagnol aime se rendre en vacances. Tout un symbole d’exemple à suivre, selon Quim Torra : « La Generalitat a reconnu le droit du Val d’Aran à l’indépendance ! »… En tout cas, ce dernier s’est montré extrêmement satisfait d’avoir pu exposer la liste de ses griefs : les recours systématiquement opposés par le gouvernement central précédent contre des lois votées par le Parlement catalan, la paralysie d’infrastructures et de projets essentiels (notamment celui du Corridor méditerranéen).

À propos du sort des « prisonniers politiques » -qu’il a qualifié devant les journalistes « d’injuste et d’indécent »- Quim Torra estime avoir « entrevu la possibilité d’un changement », ayant constaté, a-t-il assuré, que son interlocuteur se montrait « soucieux » à propos d’une situation « qu’un régime démocratique ne peut pas admettre ».

Mais bien sûr, le « droit à l’autodétermination » a été le plat de résistance. Un sujet que Mariano Rajoy ne voulait même pas évoquer. Tout cela a changé du tout au tout : Pedro Sánchez a confirmé à son hôte qu’il considère que l’Espagne est une « Nation de Nations », un État « plurinational ». Et l’indépendantiste d’espérer que si Pedro Sànchez « a reconnu qu’il existe un problème politique en Catalogne qui mobilise plus de 2 millions de Catalans et auquel il faut trouver une solution », « cela passe forcément par un vote ».

Néanmoins, Pedro Sánchez lui aurait rétorqué que la Constitution espagnole n’inclut pas le droit à l’autodétermination.

Une réponse confirmée par la vice-présidente du gouvernement espagnol, Carmen Calvo, à l’issue du conclave, qui a rajouté que Pedro Sánchez a fait valoir auprès de Quim Torra le « niveau très élevé du statut d’autonomie en vigueur en Catalogne ».

Les lois sociales votées par le Parlement catalan seront rétablies.

Carmen Calvo, la ministre vice-présidente du gouvernement Pedro Sánchez a confirmé juste après la rencontre, que les lois sociales votées par le Parlement catalan et gelées par le Tribunal constitutionnel seront rétablies. Il s’agit essentiellement de la loi contre la pauvreté énergétique, de la loi sur le changement climatique ou encore celle qui concerne le droit à la santé publique universelle : des lois qui, estime-t-elle, coïncident avec le programme du PSOE.

Joana Viusà (L'Indépendant, le 10 juillet 2018)

Commémorations du 17 août : Torra ne veut pas du roi

Au cours de l’entretien, les deux interlocuteurs ont abordé l’organisation d’une cérémonie solennelle de commémoration du premier anniversaire du terrible attentat djihadiste du 17 août, qui fit 16 morts à Barcelone et à Cambrils. Le président de la Generalitat Quim Torra ayant rompu avec le roi Felipe VI, à qui il reproche d’avoir pris parti lors des événements du 1er octobre, confirmait hier qu’il ne l’invitera pas aux cérémonies du souvenir…

L'Indépendant, le 10 juillet 2018

Manifestation du 11 septembre à Barcelone : « Faisons la République catalane »

Les indépendantistes catalans ont présenté hier les grandes lignes de la mobilisation du 11 septembre à Barcelone, jour de la traditionnelle manifestation célébrant la Diada, la fête nationale catalane.

« Fem la República Catalana », tel est le thème revendicatif choisi par l’ANC (a Assemblea Nacional Catalana), l’Òmnium et l’AMI (Associació de Municipis per la Independència) pour ce 6e rassemblement qui guidera le cortège sur l’avenue Diagonal de Barcelone.

Un dress-code, couleur « corail » en référence aux attaches entourant les urnes utilisées lors des élections du 1er octobre, est annoncé.

Les indépendantistes espèrent une démonstration de force et délivrer un message clair : la mise en place de la République qu’ils considèrent proclamée depuis le 27 octobre 2017.

L'Indépendant, le 10 juillet 2018

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