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Versailles. Macron totalement déconnecté des Français

90 minutes de discours pour s’attribuer des bons points et conirmer le cap ultra-libéral.

Tout va très bien : on continue. Emmanuel Macron a certes commencé son discours à Versailles en se présentant comme « humble », le bilan qu’il a ensuite déroulé de l’année écoulée n’est qu’une succession de satisfecits. Il a « relancé les capacités de production » ; montré qu’il « n’y avait pas à choisir entre croissance et protection du climat » ; il a « tant fait pour l’éducation » car c’est « ce qui libère du déterminisme social » ; il a « rebâti une souveraineté alimentaire de qualité »… La police de proximité ? Un succès. Sa politique dans les quartiers ? « Emplois francs et généralisation des stages en entreprise » ont signé « le retour de la considération nationale ». Même au niveau européen, il considère qu’il y a « déjà des avancées réelles » pour « une Europe qui protège ».

Autant dire que ce bilan est aux antipodes de ce que perçoivent les Français et qu’ils ont exprimé dans un sondage juste avant son discours : seuls 29% le trouvent « juste » et 34% « efficace ». Ce bilan déconnecté, Macron le dresse devant une véritable cour qui l’applaudit toutes les 10 minutes. Devant cette majorité pléthorique et si peu critique, il confirme ses choix. Fini la République solidaire, bienvenue en « République contractuelle ». Le paquet est emballé d’un beau discours : « construire l’État providence du 21e siècle ». Des mots. Avec un cynisme certain, il rappelle les Parlementaires à ce qu’ils ont « voté ». En l’occurrence, la fin du financement du chômage par les cotisations. « Il faut désormais en tirer toutes les conséquences », insiste-t-il. Les conséquences ? Financé par les contribuables, « il n’y a plus un droit au chômage ». L’heure est désormais à la « responsabilisation », à la « contractualisation ». Et d’annoncer qu’il allait faire de même pour les retraites. Parmi les autres annonces : un nouveau train d’économie. Le Premier ministre « présentera dans les prochaines semaines les nouvelles décisions permettant de tenir les engagements de baisse de nos dépenses publiques », a ainsi affirmé Macron. « Un long discours plein de promesses, non démontrées et non financées, mais rien qui remette en cause l’austérité budgétaire », a réagi Pierre Laurent (PCF). « Étrange plainte sur les conséquences de ses propres choix. Étrange hémicycle peuplé d’automates applaudisseurs », a commenté Jean-Luc Mélenchon (LFI).

Aujourd’hui débutent à l’Assemblée nationale, les débats sur la réforme des institutions qui vise à diminuer encore les droits d’un Parlement hier réduit à écouter la logorrhée présidentielle.

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 10 juillet 2018)

Contrat sur la France

Au perchoir du congrès de Versailles Emmanuel Macron n’a pas fait acte de contrition. Ultra- libéral jusqu’au bout des ongles, comment pourrait-il comprendre les reproches des Français? Son mépris du collectif, lui qui n’a d’yeux que pour l’individualisme; sa haine de la solidarité, lui l’apôtre du chacun pour soi.

Nul ne s’attendait à le voir se transformer en autre chose que ce qu’il est: le représentant d’une caste, d’une oligarchie financière coupée des réalités et des besoins du pays. Les Français ont bien compris de quel bois était fait ce président.

Tailler en pièces tout ce qui fait lien

Macron à la barre de la France mène depuis un an une entreprise systématique et systémique de démolition d’un modèle de société. Il l’a dit de manière limpide et totalement assumée sous les lambris de Versailles. Il s’agit de « transformer la philosophie même de notre solidarité nationale ». Autrement dit, de tailler en pièces tout ce qui fait lien entre les citoyens. Pour opposer le contribuable au chômeur; le travailleur au retraité; les classes moyennes aux pauvres. Le Français à l’étranger. Les mots de Macron sont tous des déclarations de guerre. En priorité au « statuts » quels qu’ils soient, celui des fonctionnaires en tête. Il veut une République du « contrat ». Macron, c’est le vieux monde grimé en jeune homme. C’est l’éternel retour de la droite à la sauce anglo-saxonne. Potion dont les Français ne veulent pas.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 10 juillet 2018)

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