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Sommet social express à l’Elysée

Deux heures de rencontre avec les syndicats de salariés et de patrons pour… mettre en place un agenda ? Lancer de nouvelles réformes ? Rappeler qui est le chef ?

Un sommet social est organisé aujourd’hui à l’Elysée. Emmanuel Macron rencontre simultanément et pour deux heures, les principaux leaders des syndicats de salariés (CGT, FO, CFDT, CFTC et CFE-CGC) et patronaux (CPME, U2P et Medef) à l’Elysée. Une première. Si le président de la République a déjà dialogué avec les représentants syndicaux par deux fois, c’était en tête-à-tête.

Un timing serré pour aborder un certain nombre de sujets mis par avance sur la table. Comme le plan pauvreté du gouvernement, la mise en oeuvre des réformes de l’apprentissage, sans oublier la renégociation de la convention de l’Unedic que le gouvernement voudrait alors que la réforme du chômage est toujours en cours au Parlement. Les représentants des salariés aimeraient aussi que la question de la santé au travail soit mise à l’ordre du jour.

Cette rencontre sera sans doute également l’occasion pour Emmanuel Macron de marteler que les réformes, ce n’est pas fini. Il l’a déjà clairement affirmé durant son discours devant le congrès. Derrière le bel intitulé de « construire l’État providence du 21e siècle », il en profite pour remettre en cause toute la protection sociale à la française. Et ne s’en cache pas. Il dit qu’il veut « une République contractuelle », un « système de solidarité plus responsabilisant », fondé sur « les droits, mais aussi les devoirs ».

Concernant plus précisément la retraite, un des piliers du système social, il a affirmé devant les députés et sénateurs réunis : « Je ne crois pas que ce soit un droit pour lequel on a cotisé toute sa vie. La retraite, c’est ce que les actifs payent pour les retraités ». Idem pour le chômage. « Il n’y a pas un droit au chômage », a- t-il asséné après avoir rappelé que ses réformes avaient déjà « profondément transformé la philosophie même de notre solidarité » en basculant les cotisations des salariés sur la CSG, soit l’impôt.

D’aucuns voient également dans ce bref échange l’occasion pour Emmanuel Macron de reprendre contact avec les syndicats qu’il a beaucoup malmenés depuis le début de son mandat. Il n’a jamais fait mystère du peu de considération qu’il leur accorde, estimant même pouvoir s’en passer. Qu’ils représentent les salariés ou le patronat. Le nouveau leader de FO, Pascal Pavageau espère « un avant et un après 17 juillet, radicalement différent en terme de méthode ». Même optimisme de la part de la CFDT où Laurent Berger dit « chiche » à la volonté de « jeter les bases d’un nouveau contrat social ». Philippe Martinez est le moins disert sur le sujet. Probablement trop échaudé par la méthode Macron durant les ordonnances Travail ou le dossier SNCF.

Si le nouveau patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a déjà dit durant sa campagne qu’il considérait « le paritarisme à l’agonie », François Asselin de la CPME attend de cette entrevue « la reconnaissance de l’utilité des partenaires sociaux comme corps intermédiaires ».

D’évidence, les interlocuteurs privilégiés du chef de l’Etat restent pourtant les entreprises. Ce n’est pas un hasard, si dans la foulée de la rencontre avec les syndicats, Macron a programmé un rendez-vous avec les cent plus grandes entreprises françaises pour leur demander « des engagements fermes en terme d’emploi et d’apprentissage dans les quartiers difficiles ».

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 17 juillet 2018)

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