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Une pauvreté aux multiples visages en Occitanie

L’Insee recense 105 quartiers prioritaires en région, dont certains en centre-ville.

À la suite d’un rapport très critique de la Cour des comptes en 2012, la loi sur la cohésion urbaine de 2014 a défini de nouveaux contours pour les quartiers prioritaires en se fondant sur la concentration de la pauvreté dans les villes, plutôt que sur l’habitat. Le soutien public a été concentré sur les quartiers les plus en difficulté. En Occitanie, la nouvelle géographie de la politique de la ville identifie 105 quartiers prioritaires dans les agglomérations d’au moins 10.000 habitants, répartis dans 12 des 13 départements, à l’exception de la Lozère.

Perpignan : 4 grands quartiers très pauvres et précaires

Dans sa dernière étude, l’Insee Occitanie a dressé le portrait de ces 105 quartiers prioritaires qui comptaient 358.010 habitants en 2013, soit 6% de la population régionale, contre une moyenne de 9% en France car notre région est plus rurale. Dans ces quartiers, le revenu médian est le plus faible des régions de métropole. Le taux de pauvreté (personnes avec moins de 1.000 euros par mois) y est trois fois plus élevé que dans l’ensemble de l’Occitanie (48,7 % contre 17 %). Les trois-quarts des habitants n’ont pas le baccalauréat, la scolarisation est faible et le taux d’emploi n’est que de 41% contre 61% dans la région.

Pour mesurer l’évolution de la pauvreté, l’Insee a établi six profils types de quartiers prioritaires. Le plus important, le profil « grands quartiers très pauvres et précaires » regroupe 24 quartiers abritant 130.600 habitants, soit 37% de la population de la politique de la ville. Ce sont les grands ensembles HLM des grandes agglomérations principalement comme le Grand Mirail (31.690 habitants) à Toulouse, la Mosson à Montpellier (21.650 hab.), Pissevin-Valdegour à Nîmes (15.600 hab.), et Devèze à Béziers (4.610 hab.). A Perpignan, quatre quartiers rentrent dans cette « case », il s’agit du Bas-Vernet-Ancien Zus, Champs de Mars, Rois de Majorque et de la diagonale du Haut et Moyen Vernet à Perpignan (5.100 hab.). Deux quartiers audois, situés à Carcassonne font également partie de ce profil : Le Viguier - Saint-Jacques et La Conte - Ozanam.

Dans ces quartiers, 60% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, moins de 20% ont un diplôme de niveau bac et moins de 40% des personnes en âge de travailler ont un emploi. Ces quartiers sont plutôt jeunes et familiaux avec des familles nombreuses et la population d’origine étrangère représente 20 à 30% des habitants, parfois plus.

« Le quartier le plus pauvre est celui de Pissevin-Valdegour à Nîmes avec ses barres HLM des années 1960, où 7 habitants sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté », relève Vincent Rodes, chargé d’études à l’Insee.

A l’inverse, les « petits quartiers familiaux marqués par la précarité » (21 quartiers et 44.000 habitants) sont situés principalement dans les villes moyennes, comme Narbonne Ouest et Narbonne Est. Là, 8 personnes sur 10 n’ont pas le bac et 30% des habitants ont un emploi précaire.

Centres-villes paupérisés

Mais la nouveauté est l’apparition de la catégorie des « centres-villes à population âgée » qui rassemblent 14 quartiers prioritaires et 46.020 habitants. Il s’agit surtout de centres anciens dans des communes petites ou moyennes situées majoritairement dans l’ex-Languedoc-Roussillon, comme Limoux, Agde, Alès, Bédarieux et Anduze. Là, 53% de la population vit seule et 3 habitants sur 10 ont 60 ans ou plus. « Il y a une évolution de ces quartiers de centre-ville », dit Pascal Etienne, directeur régional de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale. « La tendance est au durcissement de la pauvreté et au vieillissement de la population, avec aussi une hausse de la délinquance, dans des communes comme Anduze (Gard) qui sont entrées dans la politique de la ville. »

La pauvreté se niche aussi dans la catégorie des « centres-villes dynamiques » qui regroupe 19 quartiers prioritaires et 83.310 personnes. Il s’agit de quartiers centraux de villes moyennes et grandes où l’environnement économique est assez favorable. Le taux moyen d’emploi est de 48%, soit 5 points de plus que la moyenne des quartiers prioritaires, mais il y a de fortes inégalités : le revenu plancher des 10% des habitants les plus aisés est de 3,5 à 4,7 fois supérieur au niveau de vie plafond des 10% les plus modestes, alors que cet écart est de 3 pour l’ensemble des quartiers prioritaires. On y retrouve la Bastide-Pont Vieux à Carcassonne (3.780 hab.). Le profil des « petits quartiers familiaux et dynamiques » regroupe 24 quartiers prioritaires (47.270 hab.) moins défavorisés que les autres, principalement dans les agglomérations de Montpellier et de Toulouse. Enfin, l’Insee dresse le profil de trois « quartiers étudiants » prioritaires où logent en majorité des jeunes à proximité des universités, comme Rangueil à Toulouse et Vert-Bois à Montpellier.

Laurent Marcaillou (L'Indépendant, le 18 juillet 2018)

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