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Qui pour croire que Macron tend la main aux syndicats ?

Effet Coupe du monde ? Macron a hier dit aux syndicats vouloir désormais jouer collectif. Après une année passée à les ignorer pour imposer sa réforme du code du travail, de la SNCF, de la formation professionnelle…

Qui pour croire au changement de ton d’Emmanuel Macron joué, hier, lors du sommet social ? C’est, en effet, le credo du Chef de l’État vis-à-vis des représentants des huit principaux syndicats de salariés et du patronat. Après une année passée à les traiter comme des entités négligeables, il serait disposé à passer à autre chose.

« L’année écoulée a été consacrée à la déclinaison rapide des objectifs de campagne », justifie l’Elysée. « Le président nous a dit "je suis allé vite, je l’assume et maintenant je pense à une autre séquence où je vais avoir besoin de m’appuyer sur les corps intermédiaires" », rapporte François Asselin de la CPME. « Il a dit clairement que la méthode retenue avait été trop à la hussarde et qu’il fallait revenir à des fondamentaux », a complété le représentant des salariés qu’est Pascal Pavageau, le nouveau secrétaire général de FO.

Si ce changement de ton est unanimement confirmé, qui y croit ?

Côté patronat, la CPME y voit « un vrai tournant » tout comme l’U2P, dont Alain Griset a dit avoir entendu la « volonté de redonner une place entière et pleine aux partenaires sociaux ». Côté syndicats de salariés, Laurent Berger, de la CFDT, a aussi vu une volonté similaire. Tout comme Philippe Louis de la CFTC qui assure qu’Emmanuel Macron est « tout à fait disposé à nous donner la place que l’on réclame ». Pascal Pavageau de FO, reste, en revanche, « extrêmement prudent » et attend notamment de voir la feuille de route qui sera présentée en septembre. Idem pour Philippe Martinez de la CGT qui fait remarquer que « parfois Macron en convient [qu’il n’a pas écouté beaucoup] mais il ne change pas ».

Pas de changement, c’est finalement aussi le message envoyé par l’Elysée après la rencontre. Pas besoin de « changement de méthode », car « il y a toujours eu un fil de discussion ». Et de préciser : « le président a entendu la demande d’un échange plus multilatéral ».

Et pour le prouver… Macron annonce « des bilatérales » sur « un certain nombre de sujets » à la rentrée. Et « une multilatérale » sur l’assurance-chômage.

Un sujet sur lequel le chef de l’État a apparemment été prolixe. Il veut une renégociation des règles du régime pour, « fin janvier, début février 2019 », demander des solutions pour inciter au retour à l’emploi, et souhaite des idées pour une nouvelle allocation pour les chômeurs longue durée…

A tel point que les partenaires sociaux ont réclamé à l’unisson que la lettre de cadrage de la négociation soit large et leur laisse les coudées franches. Vous avez dit changement de ton ?

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 18 juillet 2018)

Il y a loin de la coupe aux lèvres

Emmanuel Macron est un caméléon. Après avoir campé un Jupiter omnipotent durant sa première année de mandat, il invitait hier les représentants des organisations patronales et de salariés à un échange souriant à l’Élysée au lendemain de la victoire des Bleus. « Changement de ton », affirmait la présidence, reprise en choeur par les chaînes d’actualité en continu.

Manifestement à la recherche d’un deuxième état de grâce après l’enthousiasme populaire soulevé par le sacre de l’équipe de France de football, le monarque républicain ne trompe personne. S’il dit vouloir changer de ton, c’est pour mieux conserver son cap et sa méthode.

Comme en témoignent le passage en force sur la réforme ferroviaire ou la mise sous tutelle préfectorale des finances des collectivités, Emmanuel Macron concerte mais ne négocie pas. Un mode d’exercice du pouvoir qui rabougrit la démocratie et s’avère en outre inefficace.

En méprisant les organisations représentatives, les élus locaux, c’est toute la société qu’il crispe. Le tout après avoir fait campagne sur le renouvellement des relations sociales.

Décidément, il y a loin de la coupe aux lèvres. Et pour Emmanuel Macron lui-même. À la question « Trouvez-vous qu’Emmanuel Macron est un bon président ? » posée par une enquête Odoxa/Le Figaro/France info, 61% disent "non". C’est deux points de plus que le dernier baromètre… avant la victoire de la France.

Léo Purguette (La Marseillaise, le 18 juillet 2018)

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