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Expulsion des Babayan. La douleur d’une mère

La famille arménienne avait été déboutée du droit d’asile.

L’expulsion s’est déroulée jeudi dernier à l’aube. Mais les associations qui soutiennent les Babayan, une famille arménienne arrivée à Perpignan en 2015 et déboutée du droit d’asile, refusent de se résigner. Elles dénoncent aujourd’hui les conditions « inadmissibles » dans lesquelles s’est déroulé l’embarquement forcé du couple de trentenaires, qui se dit menacé en Arménie, et de leur fille de 11 ans. « On a reçu vendredi un mail de la mère de famille, Hripsime, qui raconte comment l’expulsion s’est passée », explique Nicole Mathieu, de la Cimade. « Elle dit avoir vécu l’enfer juste avant l’embarquement, au centre de rétention de Toulouse. Elle explique qu’une dizaine de policiers ont attaqué son mari, devant elle et sa fille. Ils se sont couchés sur lui et ne lui ont enlevé les menottes qu’une fois à bord de l’avion. Au sein du comité de soutien aux sans-papiers, tout le monde est écœuré. C’est pourquoi nous avons décidé, avec l’accord de Hripsime, de publier le mail sur les réseaux sociaux. On veut que les citoyens sachent dans quelles circonstances se déroulent réellement les expulsions. »

Les Restos et la fac au soutien

L’émotion suscitée par l’histoire des Babayan est d’autant plus forte que Hripsime avait tissé des liens particuliers avec le tissu associatif perpignanais. Titulaire d’un titre d’interprète, cette dernière avait notamment donné des cours de français ou effectué des traductions pour le compte des Restos du cœur, du Secours populaire et de la Cimade. « Elle a également traduit pour l’association Le Seuil, qui dépend de la préfecture », renchérit Nicole Mathieu. « On ne comprend pas qu’on s’attaque à un couple tellement bien intégré. Hripsime faisait des études de français langue étrangère. Ils ne lui ont même pas laissé le temps de déposer son mémoire de master II. En plus du soutien des associations, elle avait également celui de la faculté. »

Rien à signaler selon la préfecture

Du côté de la préfecture des Pyrénées-Orientales, on estime que l’expulsion des Babayan « s’est passée correctement » et l’on ne fait état d’aucune « remontée d’incidents ou de problèmes particuliers ».

À noter : même si les Babayan sont aujourd’hui retournés en Arménie, la bataille juridique autour de leur expulsion n’est pas terminée. Une procédure contre l’obligation de quitter le territoire qui leur avait été délivrée est encore en cours devant la cour d’appel administrative de Marseille.

Arnaud Andreu (L'Indépendant, le 26 juillet 2018)

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le 26 juillet 2018

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