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Indépendantisme. Carles Puigdemont veut continuer son combat en Belgique

Prêt à regagner son quartier général de Waterloo, où s’active l’état-major du « Conseil pour la République catalane », l’ex-président de la Generalitat Carles Puigdemont, -destitué par le gouvernement espagnol précédent et poursuivi par la justice-, a répondu hier à Berlin aux questions d’une cinquantaine de représentants de médias allemands, catalans, espagnols et internationaux.

Une visite en Roussillon, une bonne idée ?

Comme par exemple, s’il se fait à l’idée qu’il ne puisse plus « fouler le territoire espagnol pendant 20 ans » (jusqu’à prescription des poursuites à son encontre). « En réalité, aujourd’hui même je pourrais fouler le sol catalan ! » a-t-il répondu, tout en précisant, qu’il peut effectivement se rendre « en territoire catalan de l’État français. »

Carles Puigdemont envisage-t-il réellement de faire des escapades en Roussillon, voire d’y séjourner ? Sachant que sa femme et ses deux fillettes sont restées à Gérone, l’ex président catalan semble caresser cette idée, maintenant qu’il jouit -théoriquement- de la liberté d’aller et venir partout en Europe communautaire, depuis que le juge Pablo Llarena a préféré retirer le mandat d’arrêt européen contre lui et contre les 5 autres leaders indépendantistes exilés.

Certes, si Carles Puigdemont met un pied en France, le Tribunal Suprême pourrait être tenté de relancer un troisième mandat d’arrêt. Son avocat espagnol Gonzalo Boye, a confié en antenne sur RAC1 qu’il a conseillé à son client de ne pas tenter cette aventure, la France ayant signé un accord d’échange de prisonniers automatique lors du Sommet franco-espagnol d’octobre 2001, qui eut lieu à Perpignan, dans le but d’en finir avec le « sanctuaire français » du terrorisme de l’ETA, longtemps dénoncé par l’Espagne.

« Projet européen »

En tout cas c’est en Belgique qu’il est attendu samedi, d’où il va œuvrer « pour le retour à la maison de ceux qui sont en prison et des exilés », comme prémisse aux conversations bilatérales qui ont démarré entre le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez et celui de Quim Torra à la tête de la Generalitat de Catalogne. Quant à la pierre angulaire de la revendication catalane -le référendum sur le droit à l’autodétermination-, Carles Puigdemont a reconnu que le changement de gouvernement a permis d’engager des échanges de vues dans un climat très différent. Cependant Carles Puigdemont juge que « l’heure est venue de passer des gestes aux actes », invitant Pedro Sánchez à explorer « les confins de la Constitution » à la recherche d’une solution catalane, et à aborder ce qui est essentiel pour lui : « les relations entre l’Espagne et la Catalogne ».
Interrogé sur la possibilité que son action indépendantiste en Belgique nuise à l’Union européenne, Carles Puigdemont a soutenu le contraire : « Le projet catalan se veut profondément européen (…) Pourquoi serait-il fâcheux de créer des petits états au sein de l’Union européenne, alors que celle-ci accueille des pays comptant bien moins d’habitants que la Catalogne ? » Carles Puigdemont soutient « que les préceptes de la Communauté européenne n’interdisent pas la célébration de référendums, et que l’article premier du Pacte des droits sociaux et politiques des Nations Unies, reconnaît le droit à l’autodétermination ».

Joana Viusà (L'Indépendant, le 26 juillet 2018)

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