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Asile, immigration. LREM vote la sale loi

Le texte de Gérard Collomb, qui vise à durcir les conditions d’accueil des étrangers, a été adopté par 100 voix contre 25 et onze abstentions. La majorité LREM-Modem a voté pour, la droite et la gauche contre, pour des raisons opposées.

Le texte a suscité des remous au sein même de la majorité, mais celle-ci a fait bloc pour l’adopter hier en fin de journée. Aina Kuric députée LREM menacée d’exclusion pour avoir voté contre en deuxième lecture, a finalement reçu un simple rappel à l’ordre mais n’était pas présente lors du vote définitif.

Vivement combattu par les défenseurs des Droits de l’Homme et les parlementaires progressiste, le projet de loi porté par Gérard Collomb comporte plusieurs dispositions visant à durcir les conditions d’accueil des étrangers.

Brèche dans le droit du sol

Il prévoit ainsi la réduction de 120 à 90 jours du délai pour déposer une demande d’asile, l’augmentation de la durée maximale de la rétention administrative, portée de 45 à 90 jours mais aussi une adaptation du droit de la nationalité à Mayotte. Dans ce département, il faudra qu’au jour de la naissance, l’un des parents ait été présent de manière régulière sur le territoire national depuis plus de trois mois pour bénéficier du droit du sol appliqué partout dans le reste de la République.

Cependant, le délit de solidarité ne sera plus passible de poursuites s’il est désintéressé, suivant la récente décision du Conseil constitutionnel sur « le principe de fraternité » mais la loi confirme en revanche la possibilité de placer des mineurs en rétention, ce qui a suscité l’indignation des associations d’aide aux étrangers.

« Nous nous donnons les moyens de préserver un droit d’asile qui, si rien n’avait été fait, aurait pu rapidement être remis en cause comme on peut craindre qu’il le soit chez un certain nombre de pays européens », s’est réjoui le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb dans l’hémicycle, contesté par la droite qui souhaitait aller encore plus loin dans l’orientation répressive du texte mais aussi par les députés des trois groupes de gauche, jugeant le texte dangereux pour les droits fondamentaux. Le FN a quant à lui brillé par son absence sur un sujet qui le mobilise pourtant toute l’année.

Pour la France insoumise, Clémentine Autain a lancé au ministre de l’Intérieur : « les avancées pour les droits des immigrés et des étrangers sont introuvables dans ce texte ». « Vous dégoulinez de formules sur l’humanisme et en même temps préparez cette loi -la plus sinistre qu’ait connu la France dans son histoire récente- même Nicolas Sarkozy n’était pas al- lé si loin ! », s’est-elle indignée.

Au nom des députés communistes, Stéphane Peu a dénoncé un projet de loi qui « affaiblit les droits et garanties des étrangers ». Pour lui, il s’agit d’un « texte de communication qui tend à flatter les peurs » tout en étant « inutiles et inefficace ». « Cette réforme n’est ni équilibrée ni à la hauteur des défis majeurs. (…) La rétention et les expulsions sont facilités au dé- triment du respect des droits des étrangers », a-t-il martelé, convaincu que « la France doit se montrer fidèle à sa tradition de terre d’asile ».

Léo Purguette  (La Marseillaise, le 2 août 2018)

Toute honte bue

L’affaire Benalla n’aura pas incité Gérard Collomb à la décence. Hier dans l’hémicycle, il s’est félicité de l’adoption de son projet de loi en ces termes : « Si rien n’avait été fait, le droit d’asile aurait pu rapidement être remis en cause comme on peut craindre qu’il le soit chez un certain nombre de pays européens ». Comme si le mal pouvait être une digue contre pire.

Sensibles à la poussée des idées lepénistes et aux vents mauvais qui soufflent sur l’Europe depuis la Hongrie, l’Italie ou l’Autriche, le gouvernement et sa majorité ont fait le choix d’un texte qui tourne le dos à la tradition d’accueil de la République.

Sursaut

La France, loin de se démarquer sur le continent européen, se laisse entraîner dans une dangereuse dérive. Ce vote laissera des traces. Ceux qui, pour écarter la politique discriminatoire de Marine Le Pen ont utilisé le bulletin Macron s’en souviendront.

Sur ce sujet comme tant d’autres, un sursaut des progressistes est indispensable pour remettre le pays en phase avec sa devise.

Là où des millions de Français ont soif de justice, de liberté, d’égalité et de fraternité en actes, la majorité, elle, se congratule, toute honte bue.

Léo Purguette  (La Marseillaise, le 2 août 2018)

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