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Sarah Katz. « Israël a soustrait deux millions de personnes à l’humanité »

Sarah Katz, militante de l'Union juive française pour la paix (UJFP) a retrouvé le sol français après avoir passé quatre nuits dans les prisons israéliennes. Elle a ensuite été expulsée du territoire où elle était venue porter assistance à la population palestinienne via une flottille internationale.

La Marseillaise. Quel est votre état d'esprit après ce périple qui a commencé par l'arraisonnement de votre bateau par l'armée israélienne alors que vous vous trouviez dans les eaux internationales ?

Sarah Katz. Ce fut un acte de piraterie très brutal. Le capitaine et le mécanicien norvégiens ont été violemment pris à partie et si nous n'avions pas été européens je pense que notre sort aurait été bien pire. N'oublions pas que le rôle de cette sixième flottille était de pointer du doigt la terrible réalité du blocus israélien que subissent les Palestiniens. Nous apportions des médicaments et surtout du matériel médical de type bandelettes, compresses qui manquent cruellement là-bas. J'ai espéré un moment que nous pourrions faire mieux, mais à partir du moment où l'armée israélienne ne nie même pas qu'elle opère illégalement en eaux internationales, que pouvons-nous faire… Nous comprenons bien, là, ce que signifie soustraire de l'humanité deux millions de personnes (la population de Gaza, ndlr) Mais évidemment, je suis amère.

La Marseillaise. Une fois arrêtée, quelles ont été vos conditions d'arrestation, de détention et de comparution devant la justice israélienne ?

Sarah Katz. J'ai découvert, à cette occasion, l'importance que prend, dans un État, ces services un peu gris tel l'Office d'immigration qui a un puissance incroyable. Ça donne, en bout de chaîne, une parodie de justice où le juge ânonne que la détention est légale. On a réussi à mobiliser des militants, médias et parlementaires français dans le refus de soutenir un État voyou. Mais il faut amplifier la contestation. Ou on y arrive ou nos pays, dont la France, vont dire en creux que le monde d’Apartheid qu'est en train de construire Israël, est le monde qu'ils veulent.

La Marseillaise. Qu'est-ce qui permet une telle impunité dont jouit le gouvernement d’extrême droite israélien ?

Sarah Katz. C'est le fait que ça provient d'une très profonde unité idéologique. En 2018, sur Terre, il y a des gens qui ont plus de droits que d'autres et même nos gouvernements, au fond, sont d'accord. Que des migrants se noient en Méditerranée, c'est juste leur sort, que 1.000 migrants arrivent sur le sol français et c'est la démocratie qui tremble sur ses bases. On est devant cette idée que l'on ne va pas au devant d’un monde fraternel, mais où les puissants se créent un lieu où ils se protègent et écrasent les autres. L'État d'Israël est à l'avant-garde de ça. Regardez la loi sur l'Apartheid visant les arabes et qui est une insulte à la mémoire juive.

La Marseillaise. À ce propos, que souhaiteriez-vous dire, en tant que militante associative, aux juifs de France tentés d'épouser les positions de Netanyahu ?

Sarah Katz. La première chose que j'aurais envie de dire, c'est qu'ils doivent se rappeler qu'ils sont des citoyens comme les autres et qu'ils ont la même responsabilité pour construire une société qui ait un sens. Pour cela, ils doivent lutter de toutes leurs forces contre ces gens qui construisent l'Apartheid au nom de leur judéité.

Propos recueillis par La Marseillaise, le 3 août 2018

Étincelles de fraternité

Sarah Katz fait partie de ces femmes qui donnent un sens au mot fraternité. Française, juive, elle est avant tout humaine. En décidant de s’engager dans la Flottille pour Gaza, elle a envoyé un message fort : aucune population civile ne peut-être persécutée pour ce qu’elle est.

L’histoire de l’humanité manque de Sarah Katz, son présent aussi. Alors que tant de forces s’activent au Proche-Orient pour nourrir les logiques de conflit et accélérer l’engrenage de la haine, cette femme, avec ses coéquipiers a eu le courage de dire stop.

Le Hamas tire son pouvoir de cette politique de la terre brûlée

Pour cela, elle a été arrêtée, placée en détention et expulsée d’Israël, un État qui ne respecte pas le droit international et dont le gouvernement mène une politique d’extrême droite. Fort heureusement, la société israélienne n’est pas un bloc. Hier encore, des citoyens juifs se sont dressés à Tel-Aviv contre la loi qui fait « l’État d’Israël comme l’État national du peuple juif » au mépris de ses citoyens arabes. Hier encore, des militants LGBT défilaient pour leurs droits à Jérusalem, défiant les extrémistes religieux.

Pour justifier sa politique colonialiste, le gouvernement israélien pointe le Hamas. Bien sûr, c’est un ennemi des droits des femmes et des laïcs, mais il tire sa puissance de cette politique de terre brûlée.

Décidément, l’humanité manque de Sarah Katz pour remplacer le feu des canons par des étincelles de fraternité.

Léo Purguette (La Marseillaise, le 3 août 2018)

Israël bloque à nouveau l’approvisionnement en carburant de Gaza

En réponse aux cerfs-volants incendiaires lancés depuis la bande de Gaza soumise depuis plus de dix ans à un sévère blocus, Israël a de nouveau bloqué jeudi l’approvisionnement en carburant de ce territoire palestinien au risque de déclencher de nouveaux affrontements.

Cette mesure annoncée par le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman va toucher une région coincée entre la Méditerranée, Israël et l’Égypte qui souffre déjà de très graves coupures d’électricité, notamment pour les hôpitaux, ce qui met en danger la vie de malades, selon l’ONU.

Le ministre d’extrême droite a justifié cette sanction par « la poursuite du terrorisme à l’aide de ballons incendiaires et des affrontements à la frontière » entre Israël et Gaza. Ces restrictions seront maintenues en place tant que les violences n’auront pas « cessé totalement », a-t-il prévenu.

Israël a durci à deux reprises le blocus autour de la bande de Gaza pour les mêmes raisons. Dans un premier temps, l’État hébreu a fermé le 9 juillet puis le 17 juillet.

157 Palestiniens et 1 soldat israélien tués depuis in mars

Au moins 157 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis le 30 mars, début d’un mouvement de protestation contre le blocus israélien et pour le droit des Palestiniens de retourner sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948. Un soldat israélien a quant à lui été tué le 20 juillet près de la barrière entre Israël et Gaza.

Les prochaines victimes du conflit pourraient être les personnes fragiles, notamment les patients hospitalisés souffrant de problèmes cardiaques, sous dialyse ou les nouveaux-nés et dont la vie dépend du fonctionnement d’appareils alimentés par l’électricité.

Trois guerres ont déjà opposé le Hamas et Israël depuis 2008.

La Marseillaise, le 3 août 2018

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