Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

6 août 45. L’apocalypse et le monde change d’ère…

Le 6 août 1945, Hiroshima est rayée de la carte. Les États-Unis viennent de larguer leur première bombe nucléaire. Récit d’une matinée qui changea à jamais la face du monde.

Dans la nuit étoilée du 5 au 6 août 1945, un bombardier B-29 décolle de l’île Tinian au large du Pacifique. L’avion, baptisé Enola Gay d’après le nom de la mère de son pilote Paul Tibbets, se dirige vers le Japon. A 8h16 min 2 sec, un flash dans le ciel éblouit le regard des habitants de Hiroshima.

Nous sommes le 6 août 1945 et les États-Unis viennent de faire exploser la première bombe nucléaire dans l’histoire de l’humanité. Surnommée Little Boy, la bombe au-dessus de l’hôpital Shima. 70.000 personnes situées autour de l’épicentre de la déflagration sont instantanément rayées de la surface du globe sans même avoir le temps de ressentir une quelconque douleur. Une boule de feu se forme et s’étend, brûlant tout sur son passage, jusqu’à l’oxygène. En son centre, la température avoisine les 6.000°C, la même que celle du soleil. Les victimes sont carbonisées et se volatilisent sous l’effet de la chaleur.

Puis vient l’onde de choc, avec des vents à 1.600 km/h, elle souffle 60.000 bâtiments. Sur trois kilomètres, la ville est rasée à 90%. Seuls quelques édifices en béton tiennent le choc. Hiroshima s’enveloppe d’un nuage de fumées toxiques, de poussières et de matières radioactives. Un panache de fumée s’élève jusqu’à 12 km au dessus du sol. Et les quelques survivants, le corps carbonisé et irradié, ne sont pas au bout de leur peine : avec la température brûlante, un gigantesque incendie s’étend dans un rayon de trois kilomètres, rendant tout déplacement impossible. « Les gens ne ressemblaient plus à des humains, ils étaient couverts de cendres, de sang et de brûlures », témoigne Goro Takeuchi, un survivant du bombardement dans un documentaire de Bertrand Collard.

Un homme, Yoshito Matsushige, documente ce décor apocalyptique. Demeuré indemne, ce photo-journaliste se dirige vers Hiroshima trois heures après le bombardement. Il fait cinq photographies, laissant à la postérité les seuls clichés pris ce jour là. Combien périssent ? Les estimations varient. Le Mémorial de Hiroshima table sur 140.000 morts.

La guerre froide se dessine

Trois jours plus tard, le 9 août, une autre bombe, Fat Man, explose sur Nagasaki causant la mort de 60.000 à 80.000 personnes. Ces deux explosions marquent l’aboutissement d’un programme scientifique initié six ans plus tôt : le projet Manhattan. Robert Oppenheimer, scientifique en chef, ne tarde pas à s’inquiéter du danger que de telles armes font peser sur le monde. Dès la fin de la guerre, il demande à se retirer du projet. Il obtient la création d’une commission de l’énergie atomique aux États-Unis, uniquement supervisée par des civils.

Si l’Histoire retiendra que la bombe nucléaire a mis fin à la guerre, plusieurs historiens nuancent aujourd’hui cette vision de l’histoire. « Les Japonais n’étaient pas inquiétés par le bombardement de leurs villes en général et par le bombardement d’Hiroshima, leur motif d’inquiétude : l’Union soviétique », explique Ward Hayes Wilson, membre du Think tank British American Security Information Council, spécialisé dans le désarmement nucléaire dans un article paru sur Slate. L’opération permettait certes de démoraliser les Japonais mais c’était aussi une façon pour les États-Unis d’affirmer leur puissance militaire et industrielle face aux russes dans une guerre froide qui se dessine déjà en toile de fond.

Marius Rivière (La Marseillaise, le 6 août 2018)

Repères

210.000. C’est l’estimation du nombre de morts des deux bombardements atomiques selon le Mémorial de Hiroshima.

76. C’est le pourcentage des Français qui se sont prononcés pour que « la France s’engage dans un processus d’élimination totale et contrôlée des armes atomiques, tel que prévu par les Nations-Unies » selon un sondage IFOP publié en juin 2018.

300. Le nombre de bombes nucléaires possédées par la France.

La Marseillaise, le 6 août 2018

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64