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« L’Aquarius » ne renverra pas les migrants en Libye

Pour SOS Méditerranée, pas question de débarquer les rescapés des eaux en Libye comme le réclame l’Union européenne.

Voila maintenant cinq jours que « l’Aquarius » a repris la mer. Il est confronté à une pression de la part des autorités libyennes et de l’Union Européenne qui réclament une remise des migrants sur le territoire libyen, une fois ces derniers sauvés des eaux. Mais sur le navire de l’ONG SOS Méditerranée, on refuse catégoriquement tout retour des migrants sur le sol Libyen. Francis Vallat, président de l’ONG invoque les droits des réfugiés et réaffirme « une position de fond ».

En effet, le bateau navigue aux larges des côtes libyennes, dans les eaux internationales, toutefois elles sont sous la compétence des gardes-côtes libyens. SOS Méditerranée avait alerté ces derniers mois afin de clarifier la positions des gardes-côtes. L’Union Européenne, notamment Rome, souhaitait que les migrants soient remis aux autorités libyennes.

Francis Vallat, président de SOS Méditerranée ne cédera pas à la pression. « La Libye ne peux, en aucun cas, accueillir les migrants. En tout cas aussi longtemps que la situation sera celle qu’on connaît » explique Francis Vallat. Pour le président, ce choix n’est pas nouveau : « ce n’est pas une position de circonstance mais une position de fond. Dès notre premier départ en mer, nous avions affirmé que nous ne pouvions pas ramener les migrants en Libye ». Il s’agit pour lui de s’appuyer sur le droit des réfugiés : « Le droit exige un port sûr, qui respecte les codes légaux et humanitaires. Notre position est partagée par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et les conventions internationales ».

« C’est aux gouvernements de trouver des solutions »

Mais depuis le premier départ, nombre de choses ont changé pour le navire, notamment les accords entre Union Européenne et Libye. « Ce qui a changé c’est le contexte, la question n’était pas aussi cruciale avant. Mais tout le monde connaît notre position et personne ne s’est opposé à notre départ. » explique le président de l’ONG. Pour lui, s’il y a une pression, c’est les gouvernements qui la subissent. « C’est aux gouvernements de trouver des solutions, notre mission consiste à sauver des gens et à les amener dans un port sur, leur mission c’est de nous la rendre possible. Ils ne peuvent pas être cynique à ce point et qu’ils restent dans le flou à ce point » explique le président.

Vendredi, c’est l’ONG espagnole Proactiva Open Arms qui cherchait un port pour débarquer 87 migrants secourus mercredi soir dans les eaux internationales au large de la Libye. Ces migrants, quasiment tous Soudanais, dont beaucoup du Darfour, ont passé 50 heures à bord d’un canot pneumatique, sans eau et pour beaucoup avec des brûlures provoquées par le mélange du carburant et de l’eau de mer.

Malgré tout, plusieurs d’entre eux se sont jetés à l’eau à l’arrivée des secouristes espagnols, de peur d’être ramenés en Libye, où nombre de migrants subissent abus, détentions arbitraires, extorsions et violences. Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, en avait rajouté une couche : « N’importe où mais pas en Italie », a déjà prévenu sur Twitter.

La Marseillaise, le 7 août 2018

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