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Vieux continent ou vieilles infrastructures ?

Trains annulés ou retardés à cause d’une panne géante d’alimentation électrique, ligne de métro qui s’arrête et d’autres qui sont bondées, hôpitaux et urgences médicales en surchauffe, routes mal entretenues ou défoncées, réseaux électrique à la limite de la rupture, réseaux de télécommunications sous-dimensionés, manque de dizaines de milliers de place à l’université, collectivités locales étouffées… Voici où nous mènent des choix qui privilégie l’impitoyable loi de l’argent, déshumanisant nos services et négligeant les investissements. Il en est ainsi dans la plupart des pays européens tant la réduction permanente des crédits utiles et la concurrence libre dégradent équipements et services publics. Tous les experts prédisent que la situation va s’aggraver. La vie de chacune et de chacun en pâtira, mais aussi le fonctionnement de l’économie.

Les services devraient être des artères qui irriguent le pays, relient les êtres humains, les villes, les entreprises, les territoires. Ils devraient revenir des outils de l’égalité sociale. Or, de grandes infrastructures publiques, comme les transports, la santé ou l’énergie, les politiques impulsées consistent à laisser asphyxier les entreprises par l’endettement à de déments taux d’intérêt alimentant des institutions financières, tout en les jetant dans la concurrence mondiale, sans tenir compte des territoires, de l’environnement, des êtres humains.

Au lieu de rechercher avec les intéressés des voies émancipatrices à l’implacable loi de l’argent, les politiques misent en œuvre dans l’Union européenne poussent aux privatisations et désormais à leur sœur jumelle : le partenariat public-privé. C’est une spirale infernale qui nourrissent les ogres de la finance au détriment de l’emploi utile, de la qualité de services et des capacités d’investissement. Là où sont en cours de grands et coûteux projets d’aménagement, concentrés pour l’essentiel en région parisienne, les populations et les salariés, comme leurs élus, devraient être plus associés, qu’il s’agisse des travaux liés au « grand Paris » ou aux jeux Olympiques. Ceux-ci ne doivent pas conduire à fermer ici une gare SNCF, là un hôpital, ailleurs à continuer à tolérer des zones blanches numériques.

Qu’on cesse de répéter que l’argent n’existerait pas pour un autre développement humain, durable. On vient d’apprendre que la semaine dernière la suppression de l’impôt sur la fortune a fait perdre au pays trois milliards d’euros. Que dire des dizaine de milliards placés au frais dans les paradis fiscaux offerts aux grandes entreprises et à leurs actionnaires qui se portent à merveille. Un autre type de financement européen coordonné avec un fond de développement durable en lien avec la Banque centrale européenne est possible. Il aurait pour objectif de relancer les services et investissements publics -santé, habitat, transports, numérique, université, industries nouvelles et mutation agricole, lutte contre les incendies- dans l’ensemble de l’Europe.

Il est temps que l’Union européenne apparaisse comme un ensemble de pays souverains portant de manière coordonnée et coopérative une relances des services publics et d’infrastructures pour le bien-être humain et l’environnement.

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 9 août 2018)

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