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L’Aquarius sauve des vies sur sa route vers Marseille

« L’Aquarius » a porté secours à cinq réfugiés, vendredi, au large de la Tunisie, en faisant route vers Marseille. Le port où il devra « clarifier » sa situation administrative suite à la décision de Gibraltar de lui retirer son pavillon.

Le navire humanitaire de Sos Méditerranée et de Médecins sans frontière ne s’arrimera pas aujourd’hui au aux quais du port de Marseille.

En route pour rallier la cité phocéenne, l’équipage a été alerté par un message de détresse, ce vendredi, de la présence d’une embarcation à quelques miles nautiques de sa position, au large des côtes Tunisiennes.

Les équipes de sauvetage ont repêché deux personnes qui s’étaient jetées à l’eau sans gilet, les trois autres passagers de l’esquif ont été amenés à bord de l’Aquarius quelques temps après. Depuis lors, « dans le respect des règles internationales et en accord avec le HCR », souligne l’association, « les 5 réfugiés -et demandeurs d’asile- n’ont pas été ramenés en Tunisie par les gardes-côtes, mais sont restés à bord de l’Aquarius ». L’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) devait ce dimanche s’entretenir individuellement avec chacun d’entre-eux, via skype.

Autant dire que le retour à Marseille ne se fera pas avant plusieurs jours. Le temps de trouver un « port sûr » pour débarquer les 5 nouveaux réfugiés. La situation administrative du bateau, qui devait se voir retirer son pavillon ce lundi, suite à une décision de l’administration de Gibraltar très controversée, reste en « stand-by ». En effet, « il est de règle de ne pas enlever un pavillon à un navire qui est en mer, et de surcroît pendant une opération de sauvetage » stipule l’association.

L’extrême droite en action

Pendant ce temps, Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône (RN) a adressé un courrier ce samedi, au procureur de la république de Marseille pour lui demander de « mettre sous séquestre » l’Aquarius, dès son arrivée à Marseille et d’ouvrir une enquête pour « complicité de trafic humain ». L’élu n’apporte évidemment aucune preuve mais s’appuie sur les déclarations du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini selon lequel « les ONG aident les passeurs, consciemment ou pas » et celle d’Emmanuel Macron, qui déclarait, à la fin juin, que l’ONG Lifeline, « faisait le jeu des passeurs ».

Le procédé rentre de plain-pied dans cette « vaste campagne de criminalisation des opérations humanitaires » que les responsables de SOS Méditerranée ont encore dénoncé mardi dernier en conférence de presse. « Nous ne sommes pas un transporteur, mais un bateau de sauvetage » a rappelé Sophie Beau, la présidente de SOS Méditerranée, Sur les cinq principaux navires opérant au large de la Lybie, à l’heure actuelle, « il n’y a plus que l’Open Arms, le navire affrété par l’ONG espagnole Proactiva, qui est opérationnel » se désolait une militante. Plus de 700 migrants se sont noyés en juin et juillet, quand aucun bateau n’était sur zone…

La Marseillaise, le 20 août 2018

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