Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Migrants en détresse. « Des pavillons de complaisance criminels »

Les réfugiés sauvés par l’Aquarius au début du mois affirment que des navires ne les ont délibérément pas secourus. Le point avec le secrétaire général de la CGT des Officiers de la marine marchande.

Jean-Philippe Chateil a navigué 32 ans et a participé au sauvetage de boat-people vietnamiens dans les années 80. Il est secrétaire général de la CGT Officiers depuis 2014.

La Marseillaise. Que disent les textes concernant le sauvetage de navires en détresse ?

Jean-Philippe Chateil. Très clairement que toute personne ayant connaissance d’une embarcation ou d’une personne en détresse doit, au plus vite, lui porter secours. C’est d’ailleurs ce que vient de rappeler à Salvini le responsable des gardes-côtes italiens quand celui-ci a fermé les ports italiens aux bateaux transportant des réfugiés. Il lui a rappelé que les marins étaient solidaires depuis 2.000 ans et qu’ils continueraient à l’être.

La Marseillaise. Que risquent un capitaine et un armateur qui ne respecteraient pas ces règles ?

Jean-Philippe Chateil. Le capitaine s’expose à des sanctions à terre selon les eaux du pays dans lesquelles il navigue ou selon la législation de son pavillon. L’armateur, lui, ne risque rien. D’abord parce que les grands armateurs, comme les navires battant pavillon en Europe occidentale, ne se risquent pas à ce type d’infraction. Et parce que ceux qui s’y risquent le font sous pavillon de complaisance mais la pression sur l’équipage pour ne pas retarder leur voyage et donc, ne pas porter secours aux naufragés, s’exerce à l’oral, jamais à l’écrit.

La Marseillaise. Dès lors, comment prouver qu’il y a eu délibérément un refus de sauvetage ?

Jean-Philippe Chateil. Il n’y a que la plainte d’un marin à bord du navire coupable qui pourrai taboutir. Mais je vois mal un marin ukrainien ou philippin, dont les propres droits sont déjà bafoués, prendre ce risque. Il ne trouverait plus d’employeur par la suite. La complaisance crée ces situations criminelles.

Propos recueillis par Paul Goifon (La Marseillaise, le 22 août 2018)
 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64