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L’Aquarius de retour à Marseille en plein imbroglio

L’Aquarius est de retour à Marseille pour « une escale technique » et retrouver un pavillon sous lequel reprendre la mer « au plus vite ». Malgré l’absence de tout mécanisme européen répondant au droit international.

Parti du port maltais de la Valette, le 16 août, après avoir finalement débarqué les 141 naufragés secourus six jours plus tôt au large des côtes libyennes, et effectué un dernier sauvetage au large de la Tunisie, l’Aquarius a rejoint ce lundi, en milieu d’après-midi, Marseille, son port d’attache, pour « une nouvelle escale technique ». Mais sur le fond, rien n’est réglé.

Pavillon : une solution provisoire

Depuis l’annonce de Gilbaltar de retirer son pavillon à l’Aquarius à la mi-août, les deux associations qui affrètent le navire, SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontière, et son armateur, se sont attelés à trouver une alternative, puisqu’il est impossible à tout navire de naviguer sans pavillon. « Nous ne pouvons être précis ou donner des détails, car un certain nombre de démarches doivent s’effectuer à quai », nous précisait, ce lundi matin, la porte-parole de SOS Méditerranée, mais « une solution provisoire » est sur le point d’aboutir pour que l’Aquarius puisse reprendre la mer le plus vite possible. Et il y a « urgence ».

Il n’y a plus aucun navire humanitaire sur zone

Le Lifeline ainsi que le Sea-Eye ont été mis sous séquestre au port maltais de La Valette fin juin, suite à une enquête judiciaire ouverte contre le Lifeline et sur demande du gouvernement italien qui a remis en cause leur pavillon. Même péripétie pour le Sea Watch 3 de l’ONG éponyme, lui aussi à Malte : « Cela fait plus d’un mois que nous sommes bloqués par le gouvernement de Malte qui joue la montre avec des arguments boiteux », commente l’ONG. « Et pendant ce temps, cela nous empêche d’aller en mer sauver des vies ! ». Quant à l’Open Arms de l’ONG espagnole Proactiva, il a terminé le 17 août sa 47ème mission en rejoignant le port espagnol d’Algeciras et, après un nouveau contre-temps, il pourrait reprendre la mer bientôt.

Pour l’heure, « il n’y a plus aucun navire humanitaire sur la zone d’intervention en ce moment », déplore SOS Méditerranée.

La nouvelle crise ouverte par le refus du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, du débarquement des 170 rescapés secourus par le patrouilleur des gardes côtes italien Diciotti au port de Catane, en Sicile, renvoie, une nouvelle fois, à « l’absence de mécanisme coordonné à l’échelle européenne », regrette l’association humanitaire. « Il appartient aux Etats européens de définir des « ports sûrs » où puissent débarquer les réfugiés, et réduire ainsi, au maximum, les délais d’intervention pour les navires qui portent secours ». Étant entendu que la majeure partie des sauvetages est effectuée par des bâtiments militaires, des gardes côtes ou des navires commerciaux. « Si porter assistance est le devoir de tout marin, il incombe aux États et à l’Europe de leur faciliter la tâche ». Sauf qu’entre les imbroglios politiques, les mises sous séquestre des navires humanitaires, la remise en question de leur pavillon, et les semaines d’attente avant d’être autorisé à débarquer, il se produit exactement l’inverse. Sous le double effet du durcissement de la politique italienne et par l’indifférence notoire des gouvernements européens. Et c’est pourtant bien à l’Europe de se sauver d’un pareil naufrage.

La Marseillaise, le 28 août 2018

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