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Mobilisés pour sauver une famille albanaise en danger

Soutien massif pour des migrants devant être expulsés ce matin même.

L’expulsion est prévue pour ce mercredi matin. Mais les soutiens de Kastriot Mitaj, de sa femme Marjane et de leurs deux enfants, Amarilda (16 ans) et Kevin (10 ans), entendent bien s’opposer jusqu’au bout à la mesure. Hier, vers midi, ils étaient une cinquantaine à s’être réunis devant la préfecture, à Perpignan, pour clamer leur détermination. Quant à la pétition en faveur de la famille albanaise lancée lundi sur Internet, elle avait déjà recueilli hier soir plus de 3.400 signatures.

En plus des membres du comité de soutien aux sans-papiers, un collectif de professeurs du collège Pons, où Amarilda vient d’obtenir son brevet avec mention Très Bien, s’associe à la mobilisation. Tout comme certains bénévoles du Secours catholique, au sein duquel s’investissent les Mitaj.

L’indignation autour de cette affaire est d’autant plus grande que la famille arrivée en France en novembre 2016 a produit, dans le cadre du dossier de réexamen de sa demande d’asile, un article de presse albanais relatant le fait divers qui l’a poussée à quitter son pays d’origine. « En juillet 2016, un jeune homme issu d’une famille mafieuse bien connue a importuné Amarilda dans la rue », raconte Gabriel Llesta, de l’Association de solidarité avec tous les immigrés. « Kastriot est intervenu et ça s’est envenimé. »

« Une preuve des risques encourus »

Fin septembre 2016, Kastriot se fait tirer dessus alors qu’il circule dans un taxi collectif. L’article de journal versé au dossier de réexamen de la demande d’asile résume les faits. « C’est une preuve matérielle des risques encourus », estime Gabriel Llesta. « Mais l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a conclu à l’irrecevabilité de la demande. On pense que le document n’a pas été lu. » De son côté, la préfecture rappelle que toutes les démarches engagées par la famille pour obtenir l’asile ont été rejetées. Ce à quoi Gabriel Llesta répond que la décision en appel concernant le réexamen du dossier n’est pas encore tombée. Cependant, un tel appel n’est pas suspensif. D’où le lancement de la procédure d’expulsion.

Arnaud Andreu (L'Indépendant, le 29 août 2018)

« On peur mourir après demain »

Brillante, la jeune Amarilda, 16 ans, menacée d’expulsion comme le reste de sa famille, a suivi le parcours d’excellence du collège Pons et obtenu son brevet avec mention Très Bien. Elle a même été déléguée de sa classe. « Quand je suis arrivée, je ne parlais pas du tout français », indique-t-elle. « Petit à petit, je me suis fait des amis, j’ai construit une nouvelle vie. La situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui m’enlève tout espoir. » Le père d’Amarilda, Kastriot, est également très inquiet : « Nous sommes venus en France car nous avions des problèmes en Albanie. Si on retourne là-bas, on ne sait pas combien de temps on va vivre. On peut mourir après-demain. »

L'Indépendant, le 29 août 2018

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