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Le rapt des classes populaires

Le Premier ministre vient, dimanche dernier, de faire une véritable déclaration de guerre sociale aux travailleurs, aux privés d’emploi, aux retraités. Les foyers les plus modestes qui déjà subissent l’explosion des tarifs, la réduction des services publics et fondre leur pouvoir d’achat, vont devoir serrer leur ceinture d’un cran supplémentaire. Sont destinés à la moulinette de l’austérité les allocations logement et familiales, les pensions de retraites, les contrats aidés et emplois publics, les crédits aux collectivités…

Les seules mesures annoncées en faveur des foyers modestes sont constituées d’un voile camouflant un avenir de précarité  : celles qui font croire que la baisse de cotisations va augmenter le pouvoir d’achat. Or, elles ne font que transférer les coûts socialisés pour la  santé, les retraites, d’accès aux services publics, vers les individus et des prestataires privés.

Les mesures prises depuis le début du quinquennat en faveur des plus riches n’ont eu aucun impact sur la reprise économique. Et, c’est au nom de la faiblesse de la croissance qu’une nouvelle phase de diète est promise aux classes populaires. La même potion ne fera qu’aggraver le mal avec son long cortège de chômage et de précarité.

Ces mauvaises nouvelles pour les salariés, les privés d’emploi, les retraités, les étudiants ne tombent pas du ciel. La situation sociale ne se dégrade que parce que celle de la finance, des actionnaires n’a jamais été aussi florissante : les propriétaires des entreprises cotées en bourse battent tous les records de réception de dividendes. Ils ont progressé de plus de 12% en un an dans le monde. Mais en France ils ont augmenté de 25% sur la même période ! C’est un véritable rapt au profit d’une infime minorité d’actionnaires. Ceci n’est pas sans conséquence sur le sous-investissement chronique qui, comme on a pu le voir à Gênes cet été, commence à mettre en péril les infrastructures des différents pays.

Loin de corriger une trajectoire désastreuse pour les plus modestes et l’intérêt général, le gouvernement entend encore et toujours servir le  capital en rendant pérenne la baisse de cotisation sociales des entreprises mises en place, de façon temporaire nous était-il promis sous le précédent gouvernement avec le très couteux CICE. 1% des richesses produites ira ainsi garnir le coffre-fort des détenteurs de capitaux qui en dissimulent une partie dans les  paradis fiscaux. Et, sans fard, le Premier ministre n’hésite pas à annoncer que ce cadeau va aggraver le déficit. « Il va y avoir un rebond du déficit parce que, comme nous l’avons annoncé, nous transformerons le CICE en allégement de charges pérennes » a-t-il expliqué. Pour contrebalancer un si beau cadeau et boucler son budget dans le respect des diktats européens, les locataires verront leurs aides au logement une nouvelle fois baisser, et les effectifs des services publics fondre comme neige au soleil, notamment dans l’administration fiscale ou à la télévision publique.

La fin du système de retraite par répartition et son remplacement par un système individualisé par point, synonyme de précarité, est programmée. Si nous ne l’empêchons pas, c’est la désintégration de notre architecture sociale, avec pour colonne vertébrale la Sécurité sociale, qui sera au menu de cette nouvelle année.

La riposte unitaire à cette guerre sociale et la préparation d’une alternative ne rendent que plus importante encore la nécessité de réussir une grande et puissante fête  l’Humanité les 14, 15 et 16 septembre.

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 30 août 2018)

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