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Rentrée chaotique pour l’impopulaire Macron

Affaire Benalla, démission fracassante de Nicolas Hulot, cafouillage sur la réforme de l’impôt à la source, chute dans les sondages : Emmanuel Macron entame l’acte II de son quinquennat sous de mauvais auspices. Le remplaçant de Nicolas Hulot sera connu d’ici mardi.

La rentrée de l’exécutif n’est pas un long fleuve tranquille. Dimanche dernier, Édouard Philippe avait annoncé aux Français un tour de vis budgétaire qui va se traduire par une nouvelle perte de pouvoir d’achat. Un Premier ministre droit dans ses bottes, réaffirmant maintenir « le cap des réformes ».

La semaine allait s’annoncer tout autre. Mardi, sur l’antenne de France Inter, à la surprise générale, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, annonce sa démission et la motive par l’incompatibilité entre écologie et libéralisme, modèle dominant de la macronie.

Cohn-Bendit sur les rangs

Une déflagration qui empoisonne la rentrée de l’exécutif. Vendredi, à l’issue  du conseil des ministres, le premier, depuis la démission de Nicolas Hulot, Benjamin Griveaux a annoncé que le gouvernement « sera au complet pour mardi ». L’Élysée n’a pas voulu en dire plus, notamment sur l’ampleur du remaniement : sera-t-il limité au poste de Nicolas Hulot ou élargi à d’autres portefeuilles ? Rentré jeudi soir de Finlande, Emmanuel Macron devrait multiplier, avec Édouard Philippe, les consultations. Parmi les noms les plus cités, figurent ceux de l’ancienne ministre Ségolène Royal, du président de l’Assemblée nationale François de Rugy, du secrétaire d’État à la Transition écologique Sébastien Lecornu, de Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public, voire de Daniel Cohn-Bendit qu’Emmanuel Macron consulte régulièrement.

« Évidemment que le départ de Nicolas Hulot est un coup pour le gouvernement pour cette rentrée », a concédé le porte parole du gouvernement. Mais « ce n’est pas le départ d’une personnalité, aussi éminente soit- elle, qui remet en cause les politiques que vous conduisez », a ajouté Benjamin Griveaux.

Après un été plombé par l’affaire Benalla, l’exécutif voulait se concentrer sur les réformes économiques et sociales, de l’assurance chômage au plan de lutte contre la pauvreté. Avec l’objectif déclaré d’ « être à l’écoute des angoisses, des impatiences et des inquiétudes » des Français, dixit le porte-parole. Mais les rencontres à Matignon, cette semaine, avec les syndicats, ont attisé un peu plus la colère des représentants des salariés. La CGT, FO, l’Unef (étudiants) et l’UNL (lycéens) ont décidé d’une première journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle, le 9 octobre, pour protester contre la politique sociale du gouvernement. Les Français rejettent de plus en plus cette présidence et ses choix. Seuls 28% d’entre eux considèrent que la politique de l’exécutif est « juste » et 27% qu’elle est « efficace », selon un sondage BVA pour Orange, RTL et La Tribune. Emmanuel Macron et Édouard Philippe voient leur popularité chuter à leur plus bas niveau depuis le début du quinquennat, avec respectivement 34% et 38% d’opinions positives. « Emmanuel Macron semble pâtir d’un discrédit politique lié à la démission de Nicolas Hulot, autant que d’une remobilisation de l’opposition sur fond d’affaire Benalla », résume BVA. La sortie sur les « Gaulois réfractaires au changement » et le cafouillage sur la réforme de l’impôt à la source achèvent de donner le ton à cette rentrée chaotique.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 1er septembre 2018)

La lutte des places agite la macronie

C’est la grande question qui agite le Landerneau : qui pour remplacer Nicolas Hulot au poste de ministre de la Transition écologique après sa démission fracassante ? Les candidats se bousculent au portillon jusqu’au clownesque Daniel Cohn-Bendit, visiteur du soir du monarque élyséen. Une valse des prétendants agaçante pour les Français qui ont donné raison à l’ex-ministre.

À une écrasante majorité, 84% selon un sondage Odoxa, ils jugent qu’il a eu raison de démissionner. Et 88% pensent que l’écologie n’est pas la priorité du gouvernement.

Divorce

Cette démission et la manière dont elle est perçue illustrent le divorce de plus en plus profond entre Macron et le peuple.

L’hyper-président a creusé lui même le fossé en affublant les Français de caractéristiques dégradantes (« fainéants », « Gaulois récalcitrants au changement »). Et, surtout, en menant une politique injuste et inefficace. La croissance est atone, tandis que le coût de la vie augmente. Les préoccupations des Français sont à mille lieues du mercato gouvernemental. Car ils savent qu’il ne changera absolument rien à leur quotidien.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 1er septembre 2018)

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