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Impôt. Le prélèvement à la source de couacs

Le prélèvement à la source en France verra-t-il le jour en janvier 2019 comme prévu ? Le doute s’installe après une série d’informations contradictoires, évoquant, ici, des barrières psychologiques, là, des erreurs lors de tests, au moment où Macron semble hésiter. Le dossier sera tranché mardi.

C’est le dossier -avec la démission de Nicolas Hulot- qui empoisonne la rentrée de l’exécutif : la mise en œuvre, au 1er janvier 2019, du prélèvement de l’impôt à la source.

« Le dispositif technique fonctionne, il est prêt ! », a assuré, samedi soir, sur Twitter Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, chargé de l’application de cette réforme. Une déclaration intervenue après un article du Parisien qui affirme avoir consulté une note confidentielle du fisc. Selon le quotidien, elle révèle que la phase d’essais du prélèvement à la source, testé auprès de certaines entreprises, s’est soldée par des centaines de milliers d’erreurs. Le nombre d’erreurs est extrêmement irrégulier d’un mois à l’autre : elles sont, par exemple, inexistantes en janvier, avant de culminer à plus de 300.000 le mois suivant. Sont également évoqués le prélèvement, à de multiples reprises, de l’impôt auprès d’une même personne, ou le prélèvement par erreur à un homonyme. « La phase de tests (…) a permis d’identifier des erreurs et de les corriger (c’est son rôle !) », a répliqué M. Darmanin. Mais du côté des autres membres du gouvernement, c’est surtout la prudence qui dominait, hier, au moment d’évoquer ce dossier qui menace d’ajouter un nouveau couac à la rentrée déjà mouvementée de l’exécutif. Interrogé sur BFMTV, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a estimé que « rien ne justifierait de repousser » l’entrée en vigueur de la mesure, à condition toutefois que « toutes les garanties techniques (puissent) être apportées à 100% par le ministre des Comptes publics et son administration ». M. Le Maire a par ailleurs évité, à plusieurs reprises, de dire si le dispositif pourrait être lancé comme prévu en janvier. Même son de cloche de la part du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux : il a déclaré que la mesure serait mise en œuvre en janvier 2019 « si nous avons techniquement toutes les assurances pour les Français », se gardant bien de dire si tel est le cas aujourd’hui ou non.

Olivier Vadebout (CGT) : « Personne n’est fichu de dire si cela va fonctionner normalement »

Une réunion entre Emmanuel Macron et Gérald Darmanin est programmée, mardi, à l’Elysée, sur la question. Samedi, M. Darmanin avait laissé entendre que les débats au sein de l’exécutif por- taient sur les conséquences psychologiques de la réforme : « Est-ce que techniquement on est prêt ? Oui on est prêt. Est-ce que, psychologiquement, les Français sont prêts ? C’est une question à laquelle collectivement nous devons répondre », avait-il expliqué.

« Personne n’est fichu de dire à 100% si cela va fonctionner normalement », a déclaré Olivier Vadebout, secrétaire général CGT Finances Publiques. Selon lui, « la question informatique c’est le plus gros problème depuis le début. Le prélèvement à la source, ce sont plusieurs systèmes d’information qui doivent coexister, vu la taille, il va forcément y avoir des bugs », prédit-il.

Emmanuel Macron, au plus bas dans les sondages, a jeté un peu plus le doute cette semaine, déclarant avoir « besoin d’une série de réponses très précises » avant sa mise en place.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 3 septembre 2018)

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