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Catalogne. Le président Quim Torra appelle les Catalans à la mobilisation

L’indépendantiste a présenté sa feuille de route pour l’année à venir.

Séance solennelle au TNC de Barcelone, mardi soir, où un public fervent a applaudi à tout rompre le président de la Generalitat Quim Torra, lequel, en lieu et place de la « Feuille de route » annoncée pour les mois à venir, a lancé un appel à la mobilisation des Catalans. Quim Torra les a invités d’ores et déjà à une « marche pour les droits civils et nationaux », jusqu’à ce que sonne l’heure de la vérité : celle où les juges du Tribunal Suprême prononceront les verdicts concernant les 9 dirigeants indépendantistes en prison. Quim Torra a proclamé qu’il « n’acceptera rien d’autre que l’absolution ».

« J’irai aussi loin que Puigdemont »

Quim Torra a répété sur tous les tons qu’il « n’est pas question d’accepter une sentence condamnatoire ». Quelle sera sa réaction le cas échéant ? Il a promis qu’il « irait aussi loin que Puigdemont » et qu’il « n’obéira qu’au Parlement catalan ». C’est d’ailleurs à Bruxelles, hier à midi, aux côtés de ce dernier qu’il a renouvelé cette promesse, mise au point avec son alter ego la semaine dernière. Et c’est ensemble, qu’ils ont répondu aux questions des journalistes espagnols et catalans, lesquels ont pris l’habitude de faire la navette entre Bruxelles et Madrid ou Barcelone.

Le procès pour la fin de l’automne

Le grand procès contre les neuf dirigeants accusés de rébellion étant attendu pour la fin de l’automne, les verdicts devraient tomber au printemps, estiment les experts judiciaires. Donc, il faut prévoir au moins six mois de « mobilisation permanente », a annoncé le président Quim Torra.

Dès mardi prochain, 11 septembre, jour de la Fête nationale catalane, les organisateurs (ANC, Omnium cultural et autres...) s’attendent à un « débordement massif » de l’avenue Diagonal de Barcelone. Devenue symbolique au fil des célébrations des 7 dernières années de l’indignation des Catalans ayant vécu comme une humiliation le rabotage d’un nouveau statut d’autonomie -qui avait reçu l’aval d’un référendum en Catalogne et du vote du Congrès des députés espagnol-, la « Diada » donnera le ton des mobilisations qui suivront.

En effet, le calendrier des manifestations indépendantistes s’est enrichi de trois nouvelles célébrations tombant en octobre : la première est celle du premier anniversaire du 1-O, date du référendum interdit auquel au moins un million d’électeurs avait participé. Les images de violence policière ont été diffusées par les télévisions à travers le monde. Trois jours après, premier anniversaire de la grève générale du 3 octobre ; puis, le 27 octobre, celui de la proclamation de la République catalane, suivie immédiatement par la mise sous tutelle de la Catalogne, décidée par le gouvernement espagnol en application de l’article 155 de la Constitution…

En fonction de l’ampleur de la mobilisation populaire lancée par le président Torra, la réaction populaire qui marquera le déroulement de ce procès des dirigeants politiques catalans est difficilement prévisible. Pire encore, si le couperet tombe sans pitié et la Cour Suprême prononce des peines de plusieurs dizaines d’années de prison à l’encontre du vice-président de la Generalitat et leader d’ERC, Oriol Junqueras, des cinq ministres de Carles Puigdemont (MM. Turull, Romeva, Rull, Forn et Mme Bassa), de l’ex présidente du Parlement de Catalogne Mme Forcadell et des deux dirigeants d’associations indépendantistes MM. Cuixart et Sànchez.

L’inquiétude règne à Madrid

Le jour même du discours de Quim Torra, le président du gouvernement socialiste Pedro Sánchez a renouvelé son offre de dialogue et proposé un référendum d’auto-détermination qui serait engagé après une réforme de la constitution autorisant un statut d’autonomie plus conforme aux vœux des dirigeants indépendantistes catalans. Torra n’a pas dit non, mais demande à connaître exactement le contenu de la proposition. Une rencontre avait déjà été convenue à Barcelone entre les deux présidents pour le mois prochain. De son côté, la dirigeante du Partido Popular, Ana Pastor, -qui préside toujours le Congrès des députés en dépit du départ de Mariano Rajoy- , profitant d’un déjeuner d’information économique, s’avançait juste avant le discours de Quim Torra pour l’inviter à venir s’exprimer devant les élus à Madrid. Une invitation également bien accueillie par ce dernier. Néanmoins, la porte-parole du gouvernement espagnol Isabel Celaá, a reproché au président Quim Torra, de s’adresser exclusivement « à son public indépendantiste » et non à tous les Catalans, faisant valoir que s’il compte effectivement sur une majorité parlementaire, celle-ci ne correspond pas à une « majorité sociale », et le mieux c’est d’œuvrer en faveur d’un accord. Quant à la détermination du président Quim Torra à refuser un verdict de condamnation des dirigeants indépendantistes, la ministre porte-parole a assuré que le système judiciaire espagnol est un système garantiste, disposant de voies de recours, mais qui passe par l’acceptation des décisions des juges.

Joana Viusà (L'Indépendant, le 6 septembre 2018)

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